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Actualités - Chronologie

Les Nations Unies réclament la lutte contre les mutilations sexuelles des femmes

GENEVE (ONU), 10 Avril (AFP). — Les Nations Unies ont lancé à Genève un appel pour l’élimination de la pratique des mutilations sexuelles préjudiciables à la santé de millions de femmes et d’enfants, notamment en Afrique.
On estime — en l’absence de statistiques suivies — à plus de 130 millions le nombre de femmes ayant subi des mutilations sexuelles dans le monde et «deux millions de filles de 4 à 12 ans y seront à nouveau exposées cette année», indique l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Cette agence de l’ONU et les Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et pour l’enfance (UNICEF) veulent coopérer localement avec les institutions politiques et religieuses, les praticiens traditionnels et les associations.
Des «équipes inter-institutions» doivent être installées dans les pays où la pratique perdure, avec pour objectifs la sensibilisation aux dangers pour la santé et la mise en place de normes législatives.
Selon le directeur exécutif de l’OMS, Hiroshi Nakajima, les mutilations sexuelles «violent l’intégrité physique et psychosexuelle de la femme et de la fillette» et leur pratique constitue «une forme de violence à leur égard qui les rend inacceptables».
Il a toutefois rappelé devant la presse qu’il s’agit souvent de pratiques profondément enracinées que l’on ne peut éliminer qu’en faisant évoluer les mentalités.

Hygiène et esthétique

Pour leurs initiateurs, il s’agit de maintenir la cohésion sociale du groupe, de réduire le désir sexuel ou encore d’accroître la fécondité.
Parfois, cette pratique est dictée «par des raisons d’hygiène ou d’esthétique», ajoute l’OMS.
Certaines communautés musulmanes sont convaincues de suivre un précepte religieux alors que la pratique est plus ancienne que l’avènement de l’islam.
En Afrique, 28 Etats pratiquent les diverses variantes de la mutilation génitale avec son cortège de malheurs: traumatisme, hémorragie prolongée, infection, stérilité ou risque à l’accouchement, voire décès.
Les projections de l’ONU permettent d’établir que les mutilations ont concerné 28 millions de Nigérianes, 24 millions d’Egyptiennes, 23 milions d’Ethiopiennes, 12 millions de Soudanaises, 4 millions de Maliennes et autant de Somaliennes.
Mais elles concernent aussi 90% des Sierra-léonaises ou des Erythréennes et 70% des Burkinabées.
Après le Ghana, le Soudan et le Burkina Faso ont promulgué des lois réprimant notamment l’excision avec infibulation.
Selon le FNUAP, une première action en Ouganda, où seuls 5% de la population féminine ont été soumis à ces pratiques, a donné des résultats positifs.
Mais une législation peut avoir un effet contraire en poussant les populations à pratiquer les excisions dans la clandestinité, observait en août dernier l’ONU qui s’inquiétait alors de «l’exportation» de telles pratiques en Europe et aux Etats-Unis.
GENEVE (ONU), 10 Avril (AFP). — Les Nations Unies ont lancé à Genève un appel pour l’élimination de la pratique des mutilations sexuelles préjudiciables à la santé de millions de femmes et d’enfants, notamment en Afrique.On estime — en l’absence de statistiques suivies — à plus de 130 millions le nombre de femmes ayant subi des mutilations sexuelles dans le monde et «deux millions de filles de 4 à 12 ans y seront à nouveau exposées cette année», indique l’Organisation mondiale de la santé (OMS).Cette agence de l’ONU et les Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et pour l’enfance (UNICEF) veulent coopérer localement avec les institutions politiques et religieuses, les praticiens traditionnels et les associations.Des «équipes inter-institutions» doivent être installées dans les pays où la...