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Actualités - Analyse

Revue hebdomadaire des marchés financiers Résistance de la livre

Le marché des changes de Beyrouth est parvenu, la semaine dernière, à se soustraire aux effets déprimants de la politique dont les récentes péripéties constituent assurément une des majeures préoccupations de la communauté financière au Liban pendant cette période fort agitée et confuse sur le plan régional. Ainsi, ni la démission surprise du président du Conseil constitutionnel et ni la façon dont le projet d’amendement de la loi municipale a été retiré de la Chambre ne devaient avoir d’impact suffisant pour contrecarrer les facteurs monétaires favorables à la livre libanaise, malgré que ces deux événements témoignaient de la gravité des dissensions politiques dans le pays et au sein du pouvoir.
De fait, la situation technique du marché est restée saine, continuant à constituer le soutien habituel à la livre sous le rapport de l’offre et de la demande du dollar. Celui-ci, qui avait achevé la semaine dernière entre 1540,50 et 1550,00 L.L. et au taux moyen indicatif de 1545,25 L.L. contre 1541,00/1550,50 L.L. et un taux moyen indicatif de 1545,75 L.L. à la fin de la semaine se terminant au jeudi 27 mars à la veille du long week-end pascal (—0,03%), devait être négocié bien en deçà de ces taux indicatifs et tout près du bas de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (B.D.L.).
Mais il n’en demeure pas moins qu’à la veille du week-end, le «billet vert» paraissait un peu plus recherché qu’auparavant par la clientèle particulière. Il a été effectivement négocié sur le marché interbancaire, vendredi dernier, entre 1541,50 et 1542,00 L.L. alors que de mardi à jeudi il se traitait sur ce même marché entre 1540,50 et 1540,75 L.L. Bien qu’il soit resté en deçà des taux indicatifs de la B.D.L., la négociation du dollar, vendredi dernier, au-dessus du bas de la fourchette d’intervention à l’achat de celle-ci fixée à 1540,50 L.L., reflétait selon les cambistes de la place un certain mécontentement au niveau des opérateurs, après les développements politiques fort décevants de la semaine dernière.

Les perspectives de
hausse des taux
américains dopent
le dollar

A l’étranger, les marchés internationaux des changes ne sont pas parvenus, la semaine dernière, à se débarrasser de leurs préoccuptions relatives à l’orientation future de la politique monétaire américaine au lendemain du relèvement d’un quart de point au pourcentage à 5 1/2% des taux directeurs de la Réserve fédérale (FED) le 25 mars dernier. Selon les cambistes, la vigueur de l’économie aux Etats-Unis depuis le début de l’année continue à nourrir des anticipations de hausse des taux d’intérêt. Cela d’autant que des hauts responsables de la FED ne cessent d’exprimer leurs soucis devant la multiplication des signes de surchauffe générateurs d’inflation.

A cet égard, l’annonce vendredi dernier des chiffres de l’emploi aux Etats-Unis, en mars, faisant ressortir un recul du chômage à 5,2% contre 5,3% en février, consécutivement à la création de 175.000 emplois non agricoles après 293.000 pendant la même période, ne tardait pas à laisser croire aux experts et analystes que l’économie américaine fonctionnait à plein régime, surtout après qu’il se fut avéré que le salaire horaire des Américains avait augmenté de 0,4% en mars et de 4,00% en rythme annuel (son niveau le plus élevé depuis 1990). Ce développement confirmant que la croissance de l’économie américaine devrait atteindre 4% au premier trimestre 1997 et qu’elle ne pourrait pas être ramenée à 2,5%, comme prévu par la FED, si les taux d’intérêt se maintiennent à leur niveau actuel (5 1/2%).

Ce sentiment, œuvrant dans le sens d’un nouveau durcissement monétaire aux Etats-Unis, avait été relancé plus tôt dans la semaine par la publication d’autres statistiques, dont la hausse de 0,8% des commandes de biens durables en février contre 2,5% en janvier, l’augmentation de 1,5% des commandes aux fabriques contre 4,1%, l’accroissement de 2,3% des dépenses à la construction contre 0,3% et des revenus personnels des Américains de 0,9% contre 0,4% pendant la même période. Il en est de même de l’annonce par le «Conference Board» que l’indice composite des principaux indicateurs de l’économie (Leading Indicator) aurait progressé en février de 0,5% contre 0,3% en janvier, à un moment où l’on apprenait des directeurs d’achats aux Etats-Unis que leur indice mensuel aurait atteint le mois dernier 55,00 points contre 53,10 points en février.

Les perspectives de hausse des taux d’intérêt américains devaient donc jouer à l’actif du dollar par endroits de même que les déclarations faites à Tokyo, vendredi dernier, par le secrétaire américain au Trésor, Robert Rubin, excluant tout recours par Washington à l’arme des taux de change pour rétablir l’équilibre des échanges commerciaux avec le Japon. C’est ainsi qu’à New York, le «billet vert» a achevé la semaine sur un ton soutenu à 1,6855 D.M. contre 1,6750 au jeudi 27 mars à la veille des fêtes pascales (+0,63%); à 5,6750 F.F. contre 5,6360 (+0,69%); à 124,30 yen contre 123,70 (+0,49%) tout en revenant pour des raisons techniques à 1,4430 F.S. contre 1,4500 (—0,48%), à 1667,00 lires contre 1671,00 (—0,24%) et à 1,6345 pour un sterling contre 1,6335 (—0,06%).

La chute de l’argent
pèse sur l’or

Le principal événement de la semaine dernière sur les marchés des métaux précieux a été la forte chute de l’argent-métal à la suite d’un courant de liquidations de positions effectuées par des fonds d’investissement internationaux. L’ampleur des ventes a fait dégringoler la parité du métal blanc à New York de 5,1240 dollars à la fin de la semaine se terminant au jeudi 27 mars à 4,7240 dollars à la fin de la semaine dernière, en baisse de 7,81% en moyenne.

Ce mouvement ne tardait pas à se répercuter sur l’or dont la demande s’est sensiblement contractée, le faisant revenir, à New York, pendant la même période de 350,20 à 348,80 dollars l’once, en léger repli de 0,4% en moyenne.

Elie KAHWAGI
Le marché des changes de Beyrouth est parvenu, la semaine dernière, à se soustraire aux effets déprimants de la politique dont les récentes péripéties constituent assurément une des majeures préoccupations de la communauté financière au Liban pendant cette période fort agitée et confuse sur le plan régional. Ainsi, ni la démission surprise du président du Conseil constitutionnel et ni la façon dont le projet d’amendement de la loi municipale a été retiré de la Chambre ne devaient avoir d’impact suffisant pour contrecarrer les facteurs monétaires favorables à la livre libanaise, malgré que ces deux événements témoignaient de la gravité des dissensions politiques dans le pays et au sein du pouvoir.De fait, la situation technique du marché est restée saine, continuant à constituer le soutien habituel à la...