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Actualités - Chronologie

La Roumanie mise sur le secteur privé pour rentabiliser son agriculture

BUCAREST, 6 Avril (AFP) — Six ans après le début de la réforme agraire, qui a vu le démantèlement des coopératives créées par le régime communiste, la Roumanie mise sur le secteur privé pour rentabiliser son agriculture. Aux termes d’un accord conclu avec la Banque mondiale, portant sur un prêt de 200 millions de dollars, le gouvernement du chrétien-démocrate Victor Ciorbea s’engage à privatiser les «entreprises agricoles d’Etat», épargnées par la loi de 1991, et d’en fermer courant 1997 plusieurs dizaines qui enregistrent de grosses pertes.
Mais ce projet, censé «assurer une plus grande rentabilité de l’agriculture et stimuler le secteur privé», se heurte à l’opposition de plusieurs dizaines de milliers d’ouvriers agricoles, qui risquent d’être mis au chômage.
Plus de dix mille d’entre eux ont manifesté la semaine dernière à Bucarest pour dénoncer l’«accord criminel» conclu avec la Banque mondiale.
«Ce document aboutira à l’enterrement de l’agriculture roumaine et transformera la Roumanie en un importateur de produits agroalimentaires», a estimé l’un des protestataires.
Cette opinion est partagée par le parti de l’ancien président Ion Iliescu, le Parti de la Démocratie Sociale (PDSR, opposition), qui accuse le gouvernement d’avoir cédé trop facilement aux conditions posées par les organismes internationaux et de «mettre en danger la sécurité alimentaire» du pays.
Mais en 1996 déjà, près des trois quarts de la production céréalière et animale étaient assurés par les fermes privées, qui détiennent 80 pc de la terre arable et environ 60 pc du bétail.
En accord avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) le gouvernement a décidé de ne plus subventionner les fermes d’Etat — de véritables gouffres — et d’allouer en revanche 550 milliards de lei (80 millions de dollars) pour octroyer des prêts aux agriculteurs privés.
Ces derniers, ne disposant le plus souvent que d’équipements rudimentaires, rechignent cependant à s’endetter.
«L’année dernière, ma récolte de blé a été détruite par la sécheresse. Si j’avais pris un crédit, comment aurais-je fait pour le rembourser?», s’interroge un paysan de Comana, un village à une trentaine de kilomètres au sud de Bucarest.
«Les jeunes n’ont qu’à aller à la banque. Moi, à mon âge, je ne veux pas trop m’endetter», intervient une grand-mère.
Mais les jeunes sont de plus en plus rares parmi les habitants des villages, qui représentent 40 pc de la population totale.
Afin de stimuler la concurrence, le gouvernement a en outre décidé de réduire les taxes appliquées aux produits agricoles importés, exorbitantes jusqu’ici. Ces taxes devront passer de 150 pc en moyenne à 20 pc, à l’exception des produits jugés «sensibles», tels le porc ou les légumes.
«Cette mesure aura des effets désastreux aussi bien sur les agriculteurs que sur les consommateurs. Les paysans seront dans l’impossibilité de vendre leurs produits, en raison de la concurrence des produits en provenance de l’Union européenne, largement subventionnés», a estimé le PSDR.
Les Roumains étaient cependant étonnés de constater que des produits autochtones, tels le porc ou le lait, sont plus chers à Bucarest qu’à Paris ou à Madrid, bien que leur qualité soit inférieure.
«Les agriculteurs roumains seront toujours protégés, mais dans une moindre mesure. S’ils veulent vendre leurs produits, ils devront trouver les moyens de faire moins cher», a déclaré le ministre de l’Agriculture, Dinu Gavrilescu.
Déjà, après la libéralisation des prix en janvier, qui s’est traduite par des hausses de 50 à 100 pc des produits alimentaires et a entraîné un effondrement des ventes, les producteurs ont commencé à baisser les prix et à essayer d’améliorer la qualité des produits.
BUCAREST, 6 Avril (AFP) — Six ans après le début de la réforme agraire, qui a vu le démantèlement des coopératives créées par le régime communiste, la Roumanie mise sur le secteur privé pour rentabiliser son agriculture. Aux termes d’un accord conclu avec la Banque mondiale, portant sur un prêt de 200 millions de dollars, le gouvernement du chrétien-démocrate Victor Ciorbea s’engage à privatiser les «entreprises agricoles d’Etat», épargnées par la loi de 1991, et d’en fermer courant 1997 plusieurs dizaines qui enregistrent de grosses pertes.Mais ce projet, censé «assurer une plus grande rentabilité de l’agriculture et stimuler le secteur privé», se heurte à l’opposition de plusieurs dizaines de milliers d’ouvriers agricoles, qui risquent d’être mis au chômage.Plus de dix mille d’entre eux ont...