A El Cajon, à quelques kilomètres de Rancho Santa Fe, l’académie des sciences Unarius (Universal Articulate Inner Dimensional Understanding of Science) prêche un spiritualisme technologique dans lequel l’énergie mentale et physique s’associe pour le bien de l’humanité.
«D’ici l’an 2001, la dernière barrière aux voyages dans l’espace sera tombée. Un vaisseau intergalactique avec 1.000 scientifiques arrivera de la planète Myton, dans le groupe interstellaire de la Pléïade, dans la constellation du Taureau, et se posera dans le triangle des Bermudes, dans la mer des Caraïbes, qui appartenait jadis à Atlantis», le continent disparu, affirme notamment le groupe Unarius.
Le directeur d’Unarius, Charles Spiegel, qui possède des filiales en Espagne, en Italie et au Canada notamment, affirme que les victimes du suicide collectif «se sont trompés de chemin». «Mais, poursuit-il, ils seront transportées vers une planète de nouvelle jouvence où il leur faudra peut-être passer mille ans avant une nouvelle incarnation».
Créé il y a environ quarante-cniq ans, Unarius assure trois fois par semaine des séances de thérapies pour soigner des traumatismes laissés par des vies antérieures. Certains membres y viennent depuis vingt ans. L’organisation s’autofinance grâce à la vente de livres au titre prometteur, tels «Un pont vers le paradis» ou «Une biographie d’un archange».
Le centre lui-même, situé dans la banlieue de San Diego, derrière une église baptiste, comprend plusieurs salles d’enseignement et de méditation décorées de guirlandes multicolores et ornées de portraits des «fondateurs» et de peintures murales représentant l’arrivée d’OVNI dans des cités galactiques, ainsi que le modèle réduit «d’une tour pour capturer l’énergie».
M. Spiegel, professeur de philosophie à la retraite, affirme n’avoir jamais eu de contacts avec la secte «Heaven’s Gate» (La Porte du Paradis) qui partageait sa croyance concernant les OVNI (objets volants non identifiés).
«Ils vivaient pour leur part dans un monde de phantasmes», affirme-t-il.
Les suicidés voulaient s’évader de leur «enveloppe physique» pour fuir à bord d’un vaisseau spatial, dissimulé dans la queue de la comète Hale-Bopp, visible en ce moment dans le ciel d’Amérique du Nord.
La sœur du leader suicidé de la secte, Marshall Applewhite, Louise Winant affirme que son frère qu’elle n’avait pas vu depuis vingt ans, «pouvait convaincre les gens de presque n’importe quoi».
«Il était très intelligent et avait un doctorat en musicologie», a-t-elle expliqué à la télévision.
«La planète terre va bientôt être recyclée. Votre seule chance pour être évacué est de partir avec nous», avertissait Applewhite, 65 ans, dans une bande vidéo découverte par la police après le drame.
La Californie, qui a par le passé donné un nouvel élan, a des sectes telles que la «Société internationale pour la confiance Krishna» ou «l’Eglise de Satan», fondée à San Francisco, avait également vu l’expansion du groupe «Le Temple du Peuple» de Jim Jones, dont quelque 900 membres se sont suicidés en Guyana en 1978.
Auteur du livre «Les derniers jours de l’ex-grand Etat de Californie», Curt Gentry affirme que de tels mouvements se sont affirmés ici parce qu’en venant s’installer en Californie, «les gens étaient à la recherche d’un nouveau départ. Ils cherchaient non seulement un nouvel emploi, de nouveaux meubles, une nouvelle voiture, de nouveaux amis... mais aussi une nouvelle religion».


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