Dans cette région, sur le front le plus septentrional de l’offensive lancée depuis le 12 janvier par la rébellion dans différentes régions soudanaises, les forces de l’opposition avaient pris le 26 mars la ville de Karora, frontalière de l’Erythrée.
Selon un communiqué diffusé à Asmara par l’Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA, rébellion sud-soudanaise) et émanant de son chef, John Garang, les forces de l’opposition se sont emparées depuis de Aqiq et des districts de Ayterba et Egtay.
La première phase de l’opération baptisée «Ana Soudani», qui avait démarré avec la prise de Karora, est ainsi terminée, précise le communiqué.
Yassir Said Arman, porte-parole dans la capitale érythréenne de la SPLA, a précisé que les combats continuaient et que les forces de l’opposition progressaient maintenant vers Tokar, sur la route de Port-Soudan.
Selon le communiqué de la SPLA (composante de l’opposition soudanaise, regroupée dans l’Alliance nationale démocratique — AND), «les forces de l’AND poursuivent leur mission, en détruisant les équipements militaires (du régime de Khartoum), afin de permettre à la population d’accéder à la liberté, à la paix et à la démocratie».
John Garang affirme également que les prisonniers capturés par l’opposition — plus d’une centaine à Karora, selon la SPLA — sont traités «dignement et sont entre de bonnes mains».
Aqiq, que l’AND affirme maintenant contrôler, était utilisée par les Erythréens comme accès à la mer Rouge pendant leur lutte pour l’indépendance contre le pouvoir central éthiopien. La guerre érythréenne avait duré 30 ans, jusqu’en 1991, deux ans avant que le pays n’accède officiellement à l’indépendance.
La région de Tokar est quant à elle une vaste zone agricole, où sont notamment cultivés le sorgho et le coton. De nombreux émigrés érythréens travaillent dans cette région pendant les récoltes.


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