Au fil de sa fulgurante ascension, la prodige suisse, qui tint sa première raquette dès l’âge de trois ans, était déjà devenue la plus jeune joueuse à avoir gagné un million de dollars sur le circuit — elle a maintenant dépassé les 2 millions — et la plus jeune gagnante d’un tournoi du Grand Chelem, en janvier en Australie.
De Seles, qui l’avait devancée au palmarès des plus jeunes reines, Hingis est l’antithèse. Tout en elle n’est que charme et grâce. Sourire léger aux lèvres, Martina, qui n’a rien d’un mastodonte (1,67m) même si elle s’est un peu étoffée ces derniers mois, plaisante encore juste avant les matches et applaudit à l’occasion un joli coup de l’adversaire.
La jeune prodige suisse Martina Hingis avait confirmé sa prise de pouvoir sur le tennis mondial en surclassant l’Américaine Monica Seles, ancien No 1, en deux sets, 6-2, 6-1, samedi en finale
La Suissesse, victorieuse de son premier tournoi de Grand Chelem en janvier en Australie et invaincue depuis 26 rencontres,, a joué «un match parfait», selon ses propres termes, et a balayé son adversaire en moins de 44 minutes. Seles, qui du temps de sa splendeur entrait deux mètres dans le court pour se jeter sur les balles, a cette fois été «baladée» par la précision des coups d’Hingis.
Il reste à Hingis, victorieuse à Key Biscayne du septième tournoi de sa carrière, le cinquième cette année, à franchir deux rudes obstacles.
D’abord déboulonner Steffi Graf raquette en main et pas seulement dans les ordinateurs de la WTA, lorsque l’Allemande sera remise d’une blessure, en principe fin avril.
Echapper ensuite à l’usure précoce qui brisa naguère Tracy Austin et Jennifer Capriati. Grâce à son style économe, la Suissesse semble mieux armée que ces deux adolescentes américaines, d’autant qu’en dépit des mimiques enfantines qu’elle affiche parfois, c’est en «pro» chevronnée qu’elle mène sa carrière, sous l’œil de sa mère Mélanie.
Dans le petit bourg suisse de Trubbach, Martina dispose d’un court privé où elle s’entraîne avec juste l’intensité qu’exige le haut niveau, mais pas plus. En déplacement, toujours accompagnée de sa mère, elle sait s’amuser et ne se prive pas de faire des emplettes.
«Pourquoi devrais-je m’inquiéter? Je profite de la vie, tout simplement», a expliqué la jeune vedette qui sait aussi qu’elle n’a pas épuisé toutes les richesses de l’existence: «Je ne peux pas conduire, ni faire ceci ou cela parce que je n’ai pas l’âge. Et puis avec tous ces déplacements, il est difficile de trouver un «petit ami». Mais il y aura un temps pour cela aussi».
En attendant, Martina compte célébrer son sacre en organisant cette semaine «une fête pour toutes les joueuses» au tournoi de Hilton Head (Caroline du Sud): «J’ai beaucoup reçu depuis trois ans sur le circuit et je veux aussi donner un peu».


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