«Ces discussions, au niveau des délégations, porteront sur les préparatifs d’une rencontre entre MM. Kabila (Laurent-Désiré, le chef rebelle) et Mobutu (Sese Seko, le président zaïrois)», a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.
«Jusque-là, nous pensons qu’il y a beaucoup de chance pour que cela soit en Afrique du Sud. Il n’y a pas de plan pour Lomé (Togo)», a-t-il souligné, précisant qu’il s’exprimait au nom du leader rebelle, empêché pour «raison de fatigue».
Les deux délégations devront discuter «des modalités, principes de travail et des pré-conditions, c’est-à-dire avec qui nous traitons. Nous ne sommes pas là pour un partage du pouvoir», a insisté le responsable rebelle.
M. Mwenze a espéré qu’une rencontre entre le chef rebelle et le maréchal Mobutu puisse se faire le «plus vite possible. Il est souhaitable que cela soit en avril».
«Le cessez-le-feu va découler des pourparlers. Cela ne doit pas être un préalable mais le résultat. Nous nous considérons comme en état de guerre, nos troupes progressent normalement», a-t-il poursuivi.
«Le départ de Mobutu n’est pas un préalable» à l’ouverture de négociations, a insisté M. Mwenze.
Interrogé sur l’absence de premier ministre à Kinshasa et les dissensions au sein de la famille politique du chef de l’Etat, affaibli par un cancer de la prostate, il a répondu: «Mobutu a encore du pouvoir».
«C’est la seule personne à pouvoir nommer une délégation pour négocier. Notre démarche doit rester la même. Notre ligne restera la même», malgré la fragilité apparente du pouvoir à Kinshasa, a assuré M. Mwenze.
Il s’est déclaré «content et heureux de ce qui s’est passé à Lomé», où s’est tenu mercredi et jeudi derniers un sommet des chefs d’Etat africains consacré au conflit zaïrois.
Economiser la violence
Les deux parties en conflit s’y étaient engagées sur les «principes» de négociations et de cessez-le-feu.
«On ne croit pas qu’une victoire militaire soit nécessaire. Il faut faire l’économie de la violence. S’il y avait une victoire pacifique, cela serait mieux. Mais on ne négocie pas par faiblesse, nous sommes en bonne forme», a-t-il relevé.
Entrer à Kinshasa avant juin est toujours «notre objectif, nous préférerions (y entrer) après des négociations mais on peut aussi y entrer par la voie des armes», a-t-il affirmé.
Interrogé sur une éventuelle participation d’Etienne Tshisekedi opposant «historique» au maréchal Mobutu, aux discussions, il a répliqué que cela n’était «pas une possibilité».
«Nous ne sommes pas en conflit avec eux, on partage le même objectif. S’ils (les membres de l’opposition radicale) viennent avec l’autre partie (les autorités de Kinshasa), cela les engage», a-t-il averti.
Concernant d’éventuelles alliances avec d’autres mouvements politiques, M. Mwenze a répondu que l’objectif de la rébellion était d’«arriver à libérer le territoire malgré ce que pensent les différentes figures politiques».
«Quiconque veut nous rejoindre sera le bienvenu», a-t-il lancé.
Interrogé sur le revirement de l’ancien premier ministre du président Mobutu, Nguz A Karl-I-Bond, qui a appelé ses partisans à ne pas «obéir» au chef de l’Etat et à «accueillir» le leader rebelle à son arrivée à Lubumbashi (Shaba), le responsable rebelle a répondu: «Il a le droit de dire ce qu’il pense».
«Si ces militants vont le suivre, ils sont les bienvenus. Mais je ne peux pas dire que c’est un allié», a souligné M. Mwenze.
Concernant le rapprochement entre la France et les Etats-Unis, tous deux favorables à l’ouverture urgente de négociations, il y a perçu «une occasion pour la France de pouvoir s’assagir, de s’accrocher à la vision américaine».
«On a toujours appelé la France à changer de politique. Si la France travaille avec les Etats-Unis, c’est un bon début, car sa position n’était pas réaliste. Elle défendait un régime qui était en train de tomber», a-t-il assuré.
Paris est souvent présenté comme le principal allié du régime de Kinshasa alors que Washington est jugé favorable aux rebelles qui, en six mois, ont conquis tout l’est du pays et progressent dans les riches provinces minières du sud.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine