La France entend tirer partie de ses bonnes relations avec Bakou et Erevan pour favoriser un règlement au Nagorny Karabakh, un territoire azerbaïdjanais majoritairement peuplé d’Arméniens qui a de facto fait sécession après six ans de guerre et 20.000 morts.
L’intérêt de Paris pour le Caucase, coïncé entre la Russie au nord, l’Iran et la Turquie au sud, la mer Caspienne à l’est et la mer Noire à l’ouest, s’explique en partie par l’attrait que représentent les immenses richesses pétrolières azerbaïdjanaises dont le développement rend nécessaire un retour au calme dans la région.
Plusieurs entreprises françaises, dont Elf, sont déjà implantées dans la région, la compagnie pétrolière ayant décroché en janvier dernier un important contrat d’exploration du champ off shore de Lenkoran, dans la Caspienne.
Depuis le 1er janvier, la France copréside avec les Etats-Unis et la Russie le «groupe de Minsk», une émanation de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) chargée depuis 1992 de faciliter une solution pacifique au Karabakh.
Ce triumvirat, qui s’est réuni une première fois à Paris à la mi-mars, a pour ambition de sortir le Nagorny Karabakh d’une situation de ni guerre ni paix qui prévaut depuis la signature du cessez-le-feu en mai 1994 entre Arméniens et Azerbaïdjanais.
Bakou est prêt à accorder une large autonomie à ce territoire si Erevan y reconnaît la souveraineté azerbaïdjanaise. Mais auparavant, l’Arménie entend obtenir des garanties de sécurité internationales.
A Erevan, M. de Charette s’efforcera de vérifier que la nomination au poste de premier ministre d’Arménie de Robert Kotcharian, l’ancien président élu du Nagorny Karabakh, ne signifie pas un durcissement de la position arménienne face à l’Azerbaïdjan, qui n’a pas caché son inquiétude à ce propos.
Par ailleurs, en se rendant mercredi et jeudi à à Ankara, le ministre français rappellera à ses interlocuteurs la «vocation européenne» de la Turquie.


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