Les cinq commandants en chef des armées membres du Conseil national de sécurité (MGK) qui a pris ces décisions le 28 février dernier se sont réunis jeudi à Ankara pour évaluer la situation à quelques jours d’une nouvelle réunion de cet organe politico-militaire, prévue pour lundi.
Le MGK se réunit une fois par mois. Le 31 mars, il discutera notamment des progrès faits dans la mise en œuvre des 18 mesures décidées lors de sa précédente réunion, visant à stopper la montée du fondamentalisme.
La réunion de jeudi des militaires a porté notamment, selon la presse, sur une de ces mesures, l’augmentation de 5 à 8 ans de la durée de l’enseignement obligatoire, qui est contestée par les islamistes.
Sa mise en vigueur aurait pour conséquence la dissolution des sections secondaires des écoles «imam hatip» (destinées à former des imams), à laquelle le parti de la Prospérité (Refah) de M. Erbakan s’oppose.
La perspective d’une dissolution de ces sections a causé cette semaine une profonde irritation dans les rangs du Refah qui compte sur ces écoles pour élargir sa base populaire et former ses futurs cadres.
Des porte-parole du Refah ont, depuis plusieurs jours, exprimé leur hostilité à cette mesure, alourdissant de nouveau l’atmosphère politique à quelques jours de la nouvelle réunion du MGK, comme ils l’avaient fait aux alentours du 28 février lorsqu’ils avaient contesté l’autorité du MGK, affirmant que le gouvernement ne devait rendre des comptes qu’au Parlement.
Selon eux, l’augmentation de 5 à 8 ans de l’enseignement obligatoire «n’est pas faisable en Turquie» et est «propre aux pays sous-développés».
Le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Tansu Ciller, dont le parti de la Juste Voie (DYP, droite) est partenaire du Refah dans la coalition gouvernementale, s’est exprimé jeudi en faveur du passage à 8 ans de la durée de l’enseignement obligatoire.
Le ministre de la Santé Yildirim Aktuna (DYP) a pour sa part déclaré qu’il «ne croyait pas que le Refah ait l’intention de mettre en vigueur» les mesures du MGK.
«Si le Refah persiste à s’opposer à ces mesures, ce sera la fin de la coalition Refah-DYP», a-t-il estimé. Un groupe de députés du DYP se prononce depuis plusieurs semaines en faveur de la fin de la coalition avec le Refah.
Les autres mesures exigées par le MGK visent notamment à l’application stricte de certaines lois sur les principes fondamentaux de la République laïque, qui sont inscrites dans la Constitution, mais n’étaient plus entièrement respectées.


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