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Actualités - Chronologie

L'avenir du futur blindé européen assombri par les divergences franco-allemandes

PARIS, 28 Mars (AFP). — Projet phare de la coopération européenne naissante en matière d’armement, le futur véhicule blindé européen est menacé par des divergences franco-allemandes qui pourraient sérieusement compliquer la tâche des industriels des deux pays, selon les sources concordantes.
A quelques jours du 31 mars, date limite fixée aux industriels pour répondre à deux appels d’offres séparés des gouvernements allemand et français pour ce blindé, la confusion est totale autour du projet.
Le schéma de départ, en 1994, prévoyait une alliance unique entre industriels français et allemands, à laquelle se sont joints par la suite des Britanniques, pour réaliser un véhicule — baptisé VBCI (véhicule blindé de combat d’infanterie) en France — dont les spécifications avaient été définies par les états-majors de ces trois pays.
Trois ans plus tard, un enchaînement de circonstances a fait que ce sont trois offres disparates qui devraient finalement être proposées à Bonn et à Paris.
Deux consortiums germano-britannique (alliant les Allemands MAK, Kraus-Maffei, et Wegmann au britannique GKN) et germano-britannico-français (alliant les Allemands Henschell et KUKA, le Britannique Vickers et le Français Panhard) devraient répondre à un appel d’offres du gouvernement allemand.
De son côté, l’entreprise publique française GIAT Industries, pourtant partenaire incontournable de tout projet européen dans les blindés, se retrouve seule à présenter une offre au gouvernement français, faute d’avoir pu s’allier avec les deux consortiums rivaux en compétition outre-Rhin.
Les responsables français et allemands de l’armement ne sont pas parvenus jusqu’à présent à se mettre d’accord sur les critères à retenir en priorité pour évaluer ces différentes offres, et choisir un maître d’œuvre industriel.
Les besoins des deux armées sont en effet assez éloignés: les Allemands cherchent un véhicule de transport de troupes et de commandement, alors que les Français souhaitent plutôt un véhicule de combat. Les Britanniques sont avant tout intéressés par le véhicule le moins coûteux possible, selon ces sources.
Dans ce contexte, personne ne semble aujourd’hui en mesure de prévoir ce qui va advenir de ces trois offres. «On ne sait absolument pas où on va», se plaint un industriel, qui relève que le projet a pourtant été présenté par Paris et Bonn comme l’un des programmes «structurants» de l’OCCAR, l’embryon d’agence européenne pour l’armement créé en novembre 1996 par la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Italie.
Du côté du gouvernement français, on minimise la portée du désaccord franco-allemand: l’objectif demeure de «réunir les meilleures offres», affirme un responsable qui estime «encore possible» un accord entre Paris et Bonn sur le choix d’un maître d’œuvre unique.
Les industriels, toutefois, s’inquiètent: «rien ne dit qu’il sera possible de marier le différentes offres», relève un haut responsable qui déplore en privé «le mauvais climat régnant actuellement dans les relations franco-allemandes au niveau de l’industrie d’armement».
Pour compliquer les choses, GIAT allié à RVI (Renault Véhicules Industriels) d’une part et Panhard (group PSA Peugeot Citroen) de l’autre vont présenter en même temps, à la demande de la Délégagion Générale pour l’Armement (DGA) française, une deuxième offre pour un véhicule blindé moins sophistiqué, devant répondre à 70% des spécifications du projet européen pour un prix maximum de cinq millions de francs.
Une initiative française qui, selon des sources concordantes, a provoqué une certaine suspicion du côté allemand quant aux intentions françaises.
PARIS, 28 Mars (AFP). — Projet phare de la coopération européenne naissante en matière d’armement, le futur véhicule blindé européen est menacé par des divergences franco-allemandes qui pourraient sérieusement compliquer la tâche des industriels des deux pays, selon les sources concordantes.A quelques jours du 31 mars, date limite fixée aux industriels pour répondre à deux appels d’offres séparés des gouvernements allemand et français pour ce blindé, la confusion est totale autour du projet.Le schéma de départ, en 1994, prévoyait une alliance unique entre industriels français et allemands, à laquelle se sont joints par la suite des Britanniques, pour réaliser un véhicule — baptisé VBCI (véhicule blindé de combat d’infanterie) en France — dont les spécifications avaient été définies par les...