L’acteur qui tient actuellement la vedette dans «zawarib» n’est resté qu’une petite heure avant de retrouver la scène au Centre culturel russe.
Dans un mot de présentation, le poète Riad Fakhoury a parlé de l’indéniable talent de conteur de Rafic Ali Ahmad. «Le conteur a toujours occupé une place importante au sein des sociétés rurales ainsi que dans l’histoire du théâtre. Rafic Ali Ahmad porte en lui et à travers ses mots cet héritage que la nouvelle génération néglige».
Place ensuite à une projection de morceaux tirés des pièces jouées par Ali Ahmad. «L’histoire des 36», «Du temps de Khyam», «Mille et une histoires», «La lice», «La cloche», «La clef»…
Habitué à jouer en solo, le comédien a néanmoins affirmé se sentir pour la première fois intimidé devant un public. C’est pourtant avec verve, humour et simplicité qu’il s’est raconté. De la découverte de son talent d’imitateur au cours d’une noce de village à sa rencontre déterminante avec Roger Assaf, en passant par ses débuts sur scène à 17 ans et ses fantasmes de gloire. «Je me voyais (déjà?) enveloppé d’une cape noire, lunettes noires sur le nez, à la sortie d’une représentation, passant devant des «groupies» admiratives pour m’engouffrer dans une belle voiture rouge».
Durant les événements, il «monte» à Beyrouth et commence par travailler avec Yaacoub Chedraoui avant de rencontrer Roger Assaf. «Moi, jouer avec ce communiste! J’étais totalement réticent. Par la suite, j’ai changé d’avis en apprenant que la pièce qu’il préparait «L’Histoire des 36», tournait autour de la résistance des villageois du Sud au Mandat français». Depuis , il est devenu l’interprète fétiche du théâtre engagé de Assaf.
Abordant la question du masque dans le théâtre, Rafic Ali Ahmad a indiqué que sur scène on s’expose, on se dévoile bien plus qu’on ne se dérobe. «Seul un comédien sincère peut accrocher son public. Pour cela il ne peut pas porter un masque. Depuis le théâtre antique, la question du masque est sans cesse posée. Pour ma part, j’estime que le théâtre ôte le masque. C’est surtout la politique qui s’en sert»... Ali Ahmad a aussi dénoncé l’influence des médias qui véhiculent l’idée de toute-puissance de l’apparence. Ce qui pousse, selon lui, les gens à porter un masque...
En conclusion cet éternel ado au charisme certain lance un aveu: «Je cherche, à travers le théâtre, à me trouver»… Et le public y trouve son… conte.
Z.Z.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine