Si les résultats du centre national d’entraînement sont satisfaisants, les nouveaux équipements et techniques de combats seront généralisés pour former un «corps numérique» d’ici 2006. Son coût réel est estimé à 200 millions de dollars par an.
La brigade numérique aujourd’hui opérationnelle a déjà coûté 700 millions à mettre sur pied. Une décision sur la poursuite du projet sera prise par le Pentagone sur la base des résultats des deux semaines d’exercice.
Les officiers se dressent derrière les écrans informatiques. Ils hurlent des instructions à travers la tente de commandement.
Dehors, en plein désert, la brigade qu’ils commandent perd du terrain. L’offensive des blindés vient d’être stoppée par une riposte chimique déclenchée par l’ennemi, qui prépare une contre-offensive.
«L’ennemi reprend l’initiative», explique le lieutenant-colonel Marshall Townsend. Les officiers qui s’époumonent sous la tente sont donnés perdants face à la «brigade numérique», qui connaît son terrain par cœur.
«Ce que vous voyez ici est une révolution dans l’art de la guerre», estimait le secrétaire à la Défense William Cohen, lors de son passage mardi avec les plus hauts gradés de l’armée américaine.
Chaque char Abrams ou véhicule de combat Bradley de la brigade numérique est relié par ordinateur à son poste de commandement et à des informations en temps réel sur le champ de bataille, fournies par des satellites, des avions espions et des avions radars.
Les Etats-Unis espèrent que cette technologie donnera à leur armée une supériorité face à toutes les autres, pour une génération. Le résultat de l’expérience de combat approfondi, nom donné à l’exercice en cours, déterminera le budget que lui consacrera le Pentagone.


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