Anatoli Tchoubaïs, ultra-libéral de 41 ans déjà nommé il y a 10 jours premier vice-premier ministre chargé des questions économiques et financières, prend également le portefeuille des Finances.
M. Tchoubaïs prend ainsi lui-même le contrôle direct du ministère le plus stratégique pour le redressement économique du pays, miné par la crise des non-paiements et toujours plongé dans la récession.
M. Nemtsov, 37 ans, sera chargé de l’autre secteur particulièrement difficile, à savoir la politique sociale et les relations avec les grandes sociétés monopolistiques (gaz, énergie).
Deux jeunes libéraux ont également été désignés hier à des postes stratégiques, Iakov Ourinson prenant l’Economie — avec autorité sur le complexe militaro-industriel — et Alfred Kokh les privatisations, tous deux avec rang de vice-premiers ministres.
M. Ourinson était vice-ministre de l’Economie dans le gouvernement sortant, M. Kokh était président du Comité des biens d’Etat.
Confirmant son souhait de voir une équipe de «professionnels» s’attaquer aux maux rongeant le pays, le président a également nommé vice premier-ministres un technocrate, Vladimir Boulgak, chargé des réformes industrielles, et un élu régional, Oleg Syssouïev.
Les vice-premiers ministres Anatoli Koulikov et Valeri Serov conservent leurs postes, respectivement chargé de l’Intérieur et des questions de politique régionale.
Le président Eltsine avait limogé la semaine dernière l’ensemble du gouvernement, accusé d’incompétence, à l’exception de MM. Tchernomyrdine et Tchoubaïs, ce dernier tout juste promu. Le chef d’Etat avait alors annoncé un retour à des réformes économiques «plus énergiques».


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