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Actualités - Chronologie

Eltsine : un élargissement de l'OTAN remettrait en cause le désarmement nucléaire

Boris Eltsine a qualifié hier de «grave erreur» un élargissement de l’OTAN, qui remettrait selon lui en question l’application des traités de désarmement nucléaire, dans une intervention au ton très sec à trois jours de sa rencontre avec Bill Clinton jeudi à Helsinki.
L’élargissement de l’OTAN à l’est «briserait l’équilibre actuel des forces, y compris nucléaires, et compliquerait l’application des traités START 1 et START 2», (de désarmement nucléaire), a déclaré le président russe, dans une interview accordée à Moscou à des télévisions russe, américaine et finlandaise, en lever de rideau du sommet.
«L’OTAN est une organisation américaine commandée par des Américains», a lancé Boris Eltsine, «comment pourrions-nous tolérer qu’une organisation militaire à nos frontières commence à s’activer au vu et au su de tous?».
L’élargissement de l’OTAN devrait être l’un des thèmes majeurs du sommet de jeudi et vendredi. Russes et Occidentaux campent depuis des mois sur des positions antagonistes: l’OTAN a déjà annoncé son intention d’accueillir en 1999 des pays d’Europe de l’Est, ce à quoi la Russie s’oppose formellement.
Vendredi, Boris Eltsine avait déjà annoncé, à propos de la rencontre d’Helsinki: «Nous pourrions ne pas tomber d’accord sur la question de l’OTAN. Il ne faudrait pas en faire une tragédie».

Je n’ai pas peur...

Justifiant son refus de voir l’OTAN s’élargir à d’anciens pays du Pacte de Varsovie, le chef de l’Etat a affirmé: «Je n’ai pas peur d’une attaque de l’OTAN. En cas d’attaque, l’OTAN recevrait la monnaie de sa pièce, nous avons assez de forces de dissuasion, y compris nucléaire».
Mais s’il ne craint pas une agression militaire, le président avoue redouter «un blocus de la Russie par l’Occident», ce qui va arriver, selon lui, «en cas d’élargissement de l’OTAN».
Boris Eltsine, apparemment revenu en forme après de longs mois passés loin du Kremlin pour raisons de santé, entend également à Helsinki «tirer le bilan du partenariat» russo-américain.
«On avait dit qu’à Helsinki viendraient un Eltsine malade et un Clinton en bonne santé, et c’est le contraire qui se produit!», a-t-il ironisé, dans une allusion à la blessure au genou qui handicape actuellement le chef d’Etat américain.
Boris Eltsine a énuméré les questions qu’il compte poser à son homologue: «Pourquoi des mesures anti-dumping sont-elles appliquées contre la Russie? Pourquoi, contre la volonté de la Russie, des manœuvres militaires se préparent-elles en mer Noire? Pourquoi la Russie ne peut-elle toujours pas entrer dans certaines structures internationals à cause de la position des Etats-Unis? Pourquoi jusqu’à présent la Russie n’est-elle pas considérée comme un pays à économie de marché, alors que 70% de son économie dépend du secteur privé?»
Notant que la guerre froide a fait place ces dernières années à une relations fondée sur la confiance, le maître du Kremlin ajoute: «Dans quelle mesure cette confiance a progressé, dans quelle mesure ce partenariat est mutuel et non unilatéral, nous devons également parler de cela, en nous regardant les yeux dans les yeux».
Boris Eltsine a qualifié hier de «grave erreur» un élargissement de l’OTAN, qui remettrait selon lui en question l’application des traités de désarmement nucléaire, dans une intervention au ton très sec à trois jours de sa rencontre avec Bill Clinton jeudi à Helsinki.L’élargissement de l’OTAN à l’est «briserait l’équilibre actuel des forces, y compris nucléaires, et compliquerait l’application des traités START 1 et START 2», (de désarmement nucléaire), a déclaré le président russe, dans une interview accordée à Moscou à des télévisions russe, américaine et finlandaise, en lever de rideau du sommet.«L’OTAN est une organisation américaine commandée par des Américains», a lancé Boris Eltsine, «comment pourrions-nous tolérer qu’une organisation militaire à nos frontières commence à...