Sur le «mois du shopping», Lady Yvonne Sursock Cochrane nous envoie la réflexion suivante:
Ainsi, tous les touristes auront eu le privilège de venir au Liban à moitié prix... L’expérience se répétera sans doute et c’est donc à moitié prix qu’ils déambuleront dans des bidonvilles, se baigneront dans des mers superpolluées (il y en a qui n’aiment pas les piscines) et circuleront parmi des paysages en voie de désertification. A ce compte-là, ils économiseraient encore davantage en restant chez eux. Je soupçonne cependant que là n’est point leur but et qu’en dépensant un peu plus, ils pourraient jouir ailleurs qu’au Liban de paysages splendides, vierges d’outrages, de villes témoins d’art et de civilisation.
Baalbeck, notre pièce de résistance, leur est désormais accessible par la Syrie, à partir de Damas.
Pour visiter les beaux sites de Tyr, Saïda, Byblos et Tripoli, il faut se frayer un chemin à travers le ciment. Désolation de ces tours anonymes et conglomérées, de ces masures agglutinées les unes aux autres.
On n’échappe donc plus à ce trait distinctif du Liban, ce triste «Trade Mark».
Nous croiront-ils dans quelques années, ces rares touristes égarés dans nos jungles, lorsque nous leur raconterons que nous avions les plus beaux paysages du monde, que Beyrouth était une ville jardin dotée de bâtiments à l’architecture raffinée, que nos plages étaient splendides, nos mers limpides, que nos villages faisaient l’admiration de ceux qui y passaient?
Cessons donc, par souci de dignité, de répéter que nous sommes les descendants d’une civilisation vieille de 6.000 ans, lorsque nous nous acharnons à en détruire les moindres traces.


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