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Actualités - Chronologie

Moustiques résistants

PARIS, 6 Mars (AFP). – Dans la lutte acharnée menée contre les moustiques, vecteurs entre autres du paludisme, une découverte de chercheurs français, qui ont mis en évidence leur mécanisme génétique de résistance aux insecticides, vient apporter un nouvel espoir.
Depuis l’utilisation massive du DDT et les trop nombreuses campagnes d’éradication, les moustiques sont devenus de plus en plus résistants. Or deux chercheurs de l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier (Centre national de la recherche scientifique (CNRS) – Université Montpellier 2), Nicole Pasteur et Michel Raymond, ont récemment caractérisé les mutations du génome du moustique le plus répandu, Culex pipiens, qui provoquent une résistance aux insecticides, selon le bulletin de CNRS, CNRS Info.
Celle-ci est due à la surproduction de deux enzymes, les estérases A et B, qui neutralisent la toxicité de l’insecticide. En analysant le génome des moustiques, les deux chercheurs ont mis en évidence deux phénomènes à l’origine de cette surproduction: l’amplification génétique et la régulation de l’expression du gène.
L’amplification génétique est la cause la plus répandue des cas de résistance à des produits chimiques. Une mutation du génome provoque l’augmentation du nombre de copies des gènes codant les estérases A et B. L’augmentation de ces copies entraîne alors une surproduction des deux enzymes.

Mutation
unique

Nicole Pasteur et Michel Raymond ont montré un deuxième phénomène. La surproduction des estérases est provoquée par une modification de la régulation de l’expression du gène codant, et non par une amplification génétique. Ce phénomène ne concerne que deux types de résistance: l’un par l’estérase A, circonscrit au sud de la France et l’autre par l’estérase B, présent en Amérique et en Chine.
Cette découverte se révèle d’une importance capitale dans la lutte contre les moustiques. La transmission du facteur résistant aux générations suivantes de moustiques dépend essentiellement de la nature de la mutation originelle. Dans le cas de l’amplification génétique, le nombre de copies du gène codant peut varier d’une génération à l’autre. Le moustique s’adapte alors rapidement aux changements d’intensité des traitements insecticides. En revanche, la résistance par régulation semble moins sujette à ces variations.
L’étude de l’évolution des résistances génétiques aux insecticides soulève également la question de la fréquence d’apparition des mutations du génome.
Thomas Guillemaud, de l’équipe de Montpellier, a testé un nouveau scénario de l’évolution de ces mutations chez le moustique Culex pipiens, qui n’est pas vecteur du paludisme. Une résistance ne serait pas due à des mutations répétées et indépendantes mais à une seule et unique mutation, à partir d’une origine unique.
Afin d’étayer cette thèse, les chercheurs ont analysé la variabilité des gènes codant l’estérase A. Ils ont montré que lorsque les moustiques ne sont pas résistants, les gènes varient énormément d’un individu à l’autre. En revanche, les séquences sont parfaitement identiques entre les moustiques résistants, même s’ils proviennent de continents différents. Or la probabilité que des moustiques résistants pris au hasard aient les mêmes séquences de gènes n’est que 1 sur 100 millions. Elle augmente considérablement si l’on considère que ces gènes proviennent d’une même mutation et qu’ils se sont répandus par migration. Il semble donc que l’hypothèse de la mutation unique soit aujourd’hui la plus vraisemblable.
PARIS, 6 Mars (AFP). – Dans la lutte acharnée menée contre les moustiques, vecteurs entre autres du paludisme, une découverte de chercheurs français, qui ont mis en évidence leur mécanisme génétique de résistance aux insecticides, vient apporter un nouvel espoir.Depuis l’utilisation massive du DDT et les trop nombreuses campagnes d’éradication, les moustiques sont devenus de plus en plus résistants. Or deux chercheurs de l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier (Centre national de la recherche scientifique (CNRS) – Université Montpellier 2), Nicole Pasteur et Michel Raymond, ont récemment caractérisé les mutations du génome du moustique le plus répandu, Culex pipiens, qui provoquent une résistance aux insecticides, selon le bulletin de CNRS, CNRS Info.Celle-ci est due à la surproduction de...