Il a dès lors jugé prématuré de discuter d’une augmentation des ventes de pétrole ou de l’attitude de l’Irak à l’expiration, en juin, de l’accord d’une durée de six mois.
«Nous nous concentrons sur la levée des sanctions. En ce qui concerne la résolution 986, ce n’est pas très important, c’est quelque chose de très provisoire», a-t-il dit dans une interview à Reuter.
Al-Sahaf avait auparavant rencontré l’ambassadeur portugais Antonio Monteiro, chef de la commission de l’ONU sur l’application des sanctions à l’Irak, pour lui proposer des modifications techniques de nature à accélérer les livraisons.
«Ils ont maintenant sur la table 220 contrats pour fournir à l’Irak des vivres et des médicaments, ils n’en ont traité que huit, c’est incroyable», a-t-il dit.
«Ils ont embauché quatre experts pour mettre en œuvre 36 contrats pétroliers, mais il y a 220 contrats pour ravitailler l’Irak et ils n’ont que deux experts», a poursuivi al-Sahaf.
Il a préconisé l’embauche de six experts supplémentaires ainsi que l’approbation par la commission des contrats d’importation avant que le produit des ventes de pétrole soit déposé sur le compte spécial bloqué.
Aucun calendrier
précis
L’Irak veut aussi que les contrats d’achats de vivres soient appliqués en fonction des besoins et non dans l’ordre chronologique, comme c’est le cas actuellement.
C’est ainsi que les premiers contrats portaient sur le thé et non sur le sucre, le blé ou d’autres denrées plus vitales, a noté le ministre irakien.
Bien que l’ONU ait estimé que les premières livraisons de vivres et de médicaments pourraient débuter à la mi-mars, al-Sahaf a déclaré que l’Irak ne disposait d’aucun calendrier précis.
Le chef de la diplomatie irakienne a déclaré que la décision, lundi, du Conseil de Sécurité de maintenir les sanctions commerciales contre l’Irak ne supprimait pas le désir de Bagdad d’œuvrer à une solution avec les inspecteurs chargés de la supervision du désarmement.
De leur côté, les Etats-Unis ont vivement réagi à des propos du ministre irakien du Commerce, Mohammed Mehdi Saleh, les accusant de «génocide» pour avoir retardé l’arrivée de livraisons de vivres et de médicaments.
«Si quelqu’un a pratiqué le génocide, si quelqu’un a tenté d’exterminer toute une population, c’est Saddam Hussein avec les Kurdes dans le Nord et les chiites dans le Sud (de l’Irak)», a rétorqué Nicholas Burns, porte-parole du département d’Etat.
Par ailleurs, un diplomate américain de haut rang a démenti les accusations irakiennes selon lesquelles Washington ferait obstacle à l’envoi de nourriture et de médicaments indispensables à l’Irak tout en faisant porter la responsabilité à la bureaucratie de l’ONU.
Le diplomate, qui a souhaité garder l’anonymat, a affirmé que les accusations irakiennes étaient fausses: «Nous avons déployé des efforts pour amener l’ONU à appliquer l’accord».
Selon l’accord «pétrole contre nourriture» conclu entre l’ONU et Bagdad en décembre, l’Irak est autorisé à exporter pour deux milliards de dollars de pétrole tous les six mois en échange de nourriture et de médicaments.
Mais un communiqué publié dimanche par le cabinet du président Saddam Hussein indiquait que «plus de deux mois et demi après la signature de l’accord, Bagdad n’avait encore vu arriver ni nourriture, ni médicaments du fait des obstacles érigés par les Américains».
Les Etats-Unis sont membres du comité des 15 pays chargé de l’application des sanctions internationales qui doit approuver les contrats à des fins humanitaires.
Jusqu’ici, le comité a approuvé neuf contrats et en a examiné 37 sur un total de 222.
«L’ONU s’est montrée très bureaucratique en assumant sa part des procédures prévues par l’accord, ce qu’il faut, c’est un peu de flexibilité pour hâter les choses», a poursuivi le diplomate.
Selon d’autres diplomates occidentaux, les responsabilités sont partagées et les Etats-Unis retardent l’approbation des contrats en raison de leur traditionnelle méfiance à l’égard de l’Irak
«Certains pays», disent-ils, bloquent les contrats tant que la plupart des 151 observateurs des Nations Unies chargés des contrôles en Irak ne sont pas déployés sur le terrain.
L’ONU demande pour sa part que les contrats soient approuvés avant l’arrivée sur place des contrôleurs.
Ainsi lundi, selon les diplomates, 92 observateurs sont arrivés à Bagdad alors que les cargaisons à répartir ne sont pas attendues avant plusieurs semaines, les premières distributions n’étant pas prévues avant courant avril.
«Cela signifie que les observateurs seront payés à ne rien faire pendant des semaines», conclut un diplomate occidental.


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