Hier, les professeurs ont tenu des assemblées générales dans les différentes sections de l’UL. Les étudiants qui, toutes tendances confondues, soutiennent fermement le mouvement de leurs professeurs, ont participé activement à ces assemblées générales, destinées entre autres à leur expliquer les raisons de cette grève.
Les professeurs, dont la nomination des doyens reste la principale revendication, accusent le gouvernement de «vouloir marginaliser l’Université libanaise pour mieux la contrôler».
Rappelons que le conseil de l’université comprend, outre le recteur, les doyens, les représentants des professeurs ainsi que les représentants des étudiants.
Ces derniers ne figurent plus au sein du conseil depuis qu’il a été renoncé aux élections estudiantines générales, au niveau de l’ensemble de l’université.
L’absence du conseil de l’université fait du recteur et du ministre de tutelle, en l’occurrence le ministre de la Culture et de l’Enseignement supérieur, les seuls maîtres à bord. Cet état de fait annule et le rôle du conseil et celui des professeurs qui ne disposent plus d’une assemblée où ils pourraient avoir leur mot à dire en matière de politique de l’université, prive finalement l’institution de son autonomie, financière, administrative ou même culturelle.
Les professeurs en grève demandent en outre que leurs collègues, qui remplissent les conditions réglementaires requises, soient cadrés, conformément aux dispositions de la loi qui leur accorde ce droit «après deux ans passés à enseigner à plein temps».
Au plan financier, la «Ligue» des professeurs de l’UL refuse les termes du projet de loi prévoyant une nouvelle échelle des salaires et que le gouvernement a transmis à la Chambre.
La «Ligue» a déjà adressé aux députés, membres des différentes commissions, une liste des modifications qu’elle souhaite introduire au texte gouvernemental.
Elle entend défendre le droit du professeur à un salaire digne qui lui permette de se consacrer uniquement à son travail universitaire.
La «Ligue» demande enfin un réajustement des salaires des professeurs pour l’année 1996, «chose convenue avec les responsables».


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