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Actualités - Analyse

Les fantaisies policières compromettent les résultats du forum de Washington

Ce n’est plus du dysfonctionnement, c’est de l’entêtement aveugle. Malgré les deux scandales successifs de la liquidation de Farid Moussalli et des arrestations irrégulières après le mitraillage de Tabarja, certain service a continué à «opérer» sans en référer au parquet. Avec des résultats si brillants, qu’ils ont jeté le discrédit sur tout l’Etat libanais, qui soudain prend peur pour les résultats du forum crucial de collecte de fonds organisé à Washington le 16 décembre dernier sous le générique «les Amis du Liban» volent à son secours...
Parmi les plus importants donateurs potentiels, on situait à cette conférence le Japon qui était prêt à faire beaucoup plus que les Américains, dont la générosité se limite à 20 millions de dollars, de quoi équiper Khorbet Anafar et Majdel Bayno en école-dispensaire-tout-à-l’égout...
Aujourd’hui donc Tokyo se dit décontenancé — et on le serait à moins — par l’étrange tango libanais, un pas en avant deux en arrière. Faisant preuve de la légendaire patience asiatique et d’une courtoisie à toute épreuve, les Nippons redisent leur «confiance dans la justice et les institutions libanaises», tout en faisant comprendre fermement qu’il y aurait intérêt (c’est le mot) à ne pas leur faire prendre des vessies pour des lanternes et à commencer à négocier avec eux l’extradition d’Okamoto et de ses «complices terroristes» de nationalité japonaise.
Des sources politiques et juridiques soulignent à l’envi la gravité de ce facteur et profitent de l’occasion pour répondre «à ceux qui s’étaient permis de conseiller au palais Bustros de ne pas faire de déclaration, que l’affaire ne relève pas uniquement de l’Intérieur mais se rapporte également à nos relations avec l’étranger». Et de noter que «les instances qui se plaignent que les services ne respectent pas leur rôle, doivent elles aussi réaliser leurs limites et ne pas s’autoriser à dire ce qui est du ressort de tel ou tel département, ce que tel ou tel membre du gouvernement qu’elles doivent servir peut ou non faire...» Après ce rappel à l’ordre voilé à un fonctionnaire déterminé, ces personnalités s’inquiètent d’une «possible refermeture de l’ambassade japonaise si Beyrouth ne donne pas rapidement les réponses aux questions pressantes, du reste très simples, qui lui sont posées au sujet des membres de l’Armée rouge qui auraient été interceptés le 15 février à Tarik Jédidé et dans la Békaa. Une éventuelle rupture diplomatique aurait des effets économiques dévastateurs. Non pas que nous attendons notre sauvetage du Japon mais parce qu’un retrait de cette puissance de la liste de nos «Amis» signifierait que presque tous les autres se dédiraient, rétracteraient des engagements pris à l’égard d’autorités libanaises qui, en tout cas, ne savent pas ce qu’engagement veut dire et ne contrôlent pas suffisamment leurs propres services pour qu’on leur fasse confiance».
«Il ne s’agit pas, poursuivent ces sources, d’inventer des Japonais arrêtés là où il n’y en a pas, pour calmer Tokyo. Mais de lui apporter clairement la preuve qu’il n’y a pas eu arrestation. Et surtout de lui montrer que les choses sont remises en ordre, les erreurs corrigées, leurs auteurs sanctionnés et que désormais il n’y aura plus dysfonctionnement. C’est ainsi et ainsi seulement que se comporte un Etat de droit fiable à l’étranger. C’est une correction que par correction nous devons également aux Américains qui se retrouvent embarrassés après nous avoir trop vite félicités pour la capture d’Okamoto».
«Or, jusqu’à présent, s’inquiètent ces sources, personne n’a parlé d’enquête administrative sur les dérapages évidents, au moins informationnels, qui ont suscité les contradictions dans les déclarations officielles libanaises au sujet d’Okamoto et de ses compagnons. On parle vaguement de faire sauter certain fusible, un cadre et un seul alors que tout aussi évidemment il y a beaucoup plus de responsabilités qui sont engagées et qu’il est nécessaire de reprendre en main tout cela, de mettre effectivement tous les services de police sous l’œil sinon sous la dépendance directe du parquet, comme le veulent d’ailleurs la Constitution et les lois ordinaires».

Ph.A.-A.
Ce n’est plus du dysfonctionnement, c’est de l’entêtement aveugle. Malgré les deux scandales successifs de la liquidation de Farid Moussalli et des arrestations irrégulières après le mitraillage de Tabarja, certain service a continué à «opérer» sans en référer au parquet. Avec des résultats si brillants, qu’ils ont jeté le discrédit sur tout l’Etat libanais, qui soudain prend peur pour les résultats du forum crucial de collecte de fonds organisé à Washington le 16 décembre dernier sous le générique «les Amis du Liban» volent à son secours...Parmi les plus importants donateurs potentiels, on situait à cette conférence le Japon qui était prêt à faire beaucoup plus que les Américains, dont la générosité se limite à 20 millions de dollars, de quoi équiper Khorbet Anafar et Majdel Bayno en...