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Actualités - Chronologie

"Nous ne sommes pas les vassaux de Moscou, affirme le président ukrainien

MOSCOU, 20 Février (Reuter). — Le président ukrainien Léonid Koutchma reproche jeudi à la Russie de considérer sa voisine slave comme faisant toujours partie de sa sphère d’influence et d’ignorer ses intérêts économiques, politiques et stratégiques.
«En Russie, on fait mine de croire que l’Ukraine n’existe pas en tant qu’Etat souverain et indépendant», constate-t-il dans un entretien publié par le quotidien libéral d’opposition «Nezavissimaïa Gazeta».
Bien que l’Ukraine ait été l’un des trois cofondateurs de la Communauté des Etats indépendants (CEI), créée le 8 décembre 1991 pour succéder à l’Union soviétique moribonde, ses relations avec la Russie demeurent singulièrement conflictuelles.
Le litige qui sépare les deux pays à propos du statut de la ville de Sébastopol et du partage de la Flotte de la mer Noire, jadis fleuron de la marine de guerre soviétique, les empêche depuis cinq ans de conclure un traité d’amitié.
Le président Boris Eltsine a ajourné à plusieurs reprises la visite qu’il devait faire à Kiev pour y signer ce document.
Pour Léonid Koutchma, la nomination d’un «pragmatique» à la tête de la diplomate russe, en janvier 1996, n’a apporté aucun changement.
Successeur d’Andreï Kozyrev, Evguéni Primakov a, à plusieurs reprises, affirmé sa volonté de donner la priorité aux relations entre Moscou et les anciennes républiques soviétiques.
«A mon grand regret, rien n’a changé depuis un an. J’ai même l’impression que la partialité et le parti pris contre l’Ukraine sont encore plus profonds (à Moscou)», estime Léonid Koutchma.
«La Russie a encore la vision stéréotypée d’une Ukraine lui appartenant où, à tout le moins, entrant dans sa sphère d’influence», ajoute-t-il.

Rapprochement
avec l’OTAN

Concernant la place de son pays dans la future architecture européenne de sécurité, Léonid Koutchma rappelle que Kiev s’en tient à sa politique de «neutralité».
Mais, dans le même temps, il met Moscou en garde contre les conséquences que pourraient entraîner ses erreurs diplomatiques.
«Il arrive à la Russie de menacer le monde, obligeant par là certains pays jadis membres du Pacte de Varsovie à rechercher un autre parapluie».
Des propos confirmés par l’annonce récente, par la Bulgarie, de sa candidature à l’entrée dans l’OTAN.
Considérant les projets alliés d’élargissement à l’Est comme une menace pour sa sécurité, Moscou souhaite que ses relations avec l’OTAN soient consignées dans un traité imposant aux Alliés de prendre un certain nombre d’engagements contraignants.
Les Seize proposent, eux, la signature d’une simple charte.
Le secrétaire général de l’Alliance, Javier Solana, a rappelé la semaine dernière qu’il souhaitait nouer des «relations particulières» avec la Russie et l’Ukraine, si possible avant le sommet atlantique de Madrid, les 8 et 9 juillet prochain. C’est au cours de cette réunion que seront connus les noms des premiers pays d’Europe centrale et orientale invités à rejoindre l’Alliance.
La Pologne, la République tchèque et la Hongrie sont considérées comme les mieux placées pour intégrer l’OTAN dès 1999. Elles sont suivies par la Slovénie et la Roumanie.
Pour Léonid Koutchma, l’argument du Kremlin selon lequel l’OTAN est toujours l’alliance militaire de la guerre froide ne tient pas.
«Nous voyons que l’(OTAN) est en pleine transformation. Le programme de «partenariat pour la paix» auquel l’Ukraine prend une part active prouve que l’Alliance est mue par de bonnes intentions et ne nourrit pas la moindre «visée agressive»».
«A nos yeux, l’OTAN ne peut pas constituer un motif de discorde entre Moscou et Kiev. L’OTAN n’est qu’un prétexte», souligne le président ukrainien.
«Il existe, en Russie, des forces qui cherchent à utiliser le renforcement des liens entre l’Ukraine et l’OTAN pour accroître la tension (entre nos deux pays)», conclut-il.
MOSCOU, 20 Février (Reuter). — Le président ukrainien Léonid Koutchma reproche jeudi à la Russie de considérer sa voisine slave comme faisant toujours partie de sa sphère d’influence et d’ignorer ses intérêts économiques, politiques et stratégiques.«En Russie, on fait mine de croire que l’Ukraine n’existe pas en tant qu’Etat souverain et indépendant», constate-t-il dans un entretien publié par le quotidien libéral d’opposition «Nezavissimaïa Gazeta».Bien que l’Ukraine ait été l’un des trois cofondateurs de la Communauté des Etats indépendants (CEI), créée le 8 décembre 1991 pour succéder à l’Union soviétique moribonde, ses relations avec la Russie demeurent singulièrement conflictuelles.Le litige qui sépare les deux pays à propos du statut de la ville de Sébastopol et du partage de la...