«L’offense et l’arrogance de l’écrivain contre les plus chères valeurs sacrées des musulmans ne seront jamais effacées de la mémoire de la communauté islamique», affirme un communiqué de ce corps militaire d’élite créé après la révolution de 1979.
«Jusqu’à l’exécution révolutionnaire de Salman Rushdie, le décret de l’imam restera irrévocable» et la «fatwa» lancée le 14 février 1989 par l’ayatollah Khomeny «finira par être appliquée», poursuit le texte publié par les journaux «Jomhouri-Islami» (intégriste) et «Salam» (gauche radicale).
L’écrivain britannique a été condamné à mort par le fondateur de la république islamique pour son ouvrage «Les versets sataniques», jugé blasphématoire envers l’islam.
«Les musulmans ne permettront jamais que des éléments ignorant l’existence de Dieu empêchent l’application de la sentence par leur propagande tendancieuse. Salman Rushdie finira par brûler dans le feu qu’il a allumé» conclut le communiqué.
Mercredi, une fondation religieuse iranienne a augmenté de 2 à 2,5 millions de dollars sa prime à quiconque, musulman ou non, exécuterait l’écrivain. Le président iranien Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani s’est quant à lui démarqué de cette décision, affirmant qu’elle ne reflétait pas la politique de son gouvernement.
Deux positions
différentes
La confédération des associations islamiques des universités iraniennes (dominée par les intégristes) a publié elle aussi un communiqué jeudi dans lequel elle affirme «l’irrévocabilité de la fatwa».
«Cette «fatwa» assure la vie de l’islam. Le moindre compromis avec l’oppression (les Occidentaux) sur ce sujet est inacceptable» affirme cette organisation.
La plupart des journaux iraniens de jeudi se sont contentés de rapporter sans commentaire les déclarations du président Rafsandjani, mercredi, se démarquant de la prime offerte par la fondation religieuse Khordad-15, liée aux milieux fondamentalistes du régime.
Le quotidien anglophone «Tehran Times» consacre pour sa part son éditorial à défendre la position gouvernementale exprimée tant par M. Rafsandjani que par son successeur potentiel lors des élections de l’été prochain, le président du Parlement, le conservateur Ali Akbar Nategh-Nouri.
«L’Imam Khomeiny a lancé sa «fatwa» au titre de ses fonctions de chef religieux. Toutefois, le gouvernement iranien n’a jamais décidé de l’exécuter car ce n’est pas son rôle. L’Iran a annoncé à plusieurs reprises qu’il n’enverrait pas de commando tuer Salman Rushdie», écrit le journal.
Le «Tehran Times» assure qu’il faut «bien garder à l’esprit que la position de la fondation du Khordad-15 n’a rien à voir avec la position officielle sur ce sujet».


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