Les huit premières écoles de samba, dont une seule réussira à rejoindre le club des grands l’an prochain, ont envahi en week-end l’avenue du marquis de Sapucai le long de laquelle étaient installés les gradins qui ont accueilli chaque nuit 80.000 spectateurs pour un des plus fabuleux spectacles de la planète.
Les huit suivantes, elles aussi de petites écoles à faible budget parmi lesquelles une également aura l’honneur de rejoindre le club restreint des champions en 1998, ont pris le relais samedi soir.
Les écoles championnes, celles qui constituent le groupe spécial et sont au nombre de 16, ont défilé, quant à elles, les deux nuits suivantes. Ces dernières sont souvent à tort les plus connues grâce à d’importants moyens financiers dont l’origine provient parfois plus de commerces occultes que de financements légaux.
La presse relevait ces derniers jours que les principaux bienfaiteurs du carnaval, les parrains de la loterie clandestine, les «bicheiros», dont certains sont liés au trafic de drogue, étaient de nouveau tous en liberté. Paradoxalement, les années précédentes les barreaux de leur cellule ne les avaient pas empêché d’être tout aussi présents dans le sambodrome.
En attendant, l’école de la Rocinha, la plus grande favela d’Amérique latine, située dans la zone sud de Rio, a ouvert le défilé des champions dimanche soir en rendant hommage aux personnages de Walt Disney, les «bandas» des quartiers du centre et du sud de la capitale avaient envahi leurs rues dès samedi matin tandis que, dans chacune des écoles, on s’affairait aux ultimes préparatifs des chars allégoriques et des milliers de costumes revus dans les moindres détails.
Bénéfices
records
Portela, une des plus anciennes écoles de samba, avait convié ses supporters dans ses murs dans le quartier de Madureira dans le nord de Rio, où jusqu’à 4h du matin près de 2.000 personnes ont répété les paroles de la samba maison dans un brouhaha indescriptible rythmé par le martèlement métallique d’une batterie enthousiaste.
Les défilés de rues ont démarré sous un soleil radieux et une chaleur écrasante. Le premier est réservé à un traditionnel hommage à la poule dont les caquètements ont donné naissance à une samba endiablée et le second au travesti d’Ipanema à défaut de rendre hommage à «la fille d’Ipanema» dont la sensualité a été immortalisée par les compositeurs et chanteurs Vinicius de Moraes et Tom Jobim, aujourd’hui disparus.
Le défilé des travestis du quartier, réputés pour leur peu de retenue et leurs provocations, attire chaque année d’innombrables touristes étrangers venus à Rio goûter à l’ivresse du Carnaval, devenu au fil des ans plus une affaire commerciale qu’une fête réellement populaire.
Cette année le carnaval doit engranger quelque 30 millions de dollars de bénéfices.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine