Le journal «Iran News», proche du ministère des Affaires étrangères, publie lundi une dépêche d’agence faisant état de l’inquiétude du gouvernement suédois. Ce journal anglophone mentionne ainsi des déclarations du vice-ministre suédois des Affaires étrangères Pierre Schori faisant état de l’arrestation de M. Sarkouhi par les services secrets iraniens et affirmant que Stockholm travaillait sur ce dossier avec l’Union européenne.
Le journal gouvernemental «Iran» a, lui aussi, évoqué dimanche les préoccupations occidentales, dans une nouvelle brève citant cette fois la radio extérieure des Etats-Unis, La Voix de l’Amérique.
«Après l’Allemagne, la Suède en appelle au gouvernement iranien pour qu’il donne des informations sur la situation de l’écrivain iranien Faraj Sarkouhi», écrit «Iran», publication de l’agence officielle IRNA.
Selon plusieurs organisations européennes et américaines de défense des droits de l’homme et de la liberté d’expression, Faraj Sarkouhi aurait disparu près d’un mois et demi entre le 3 novembre et le 20 décembre 1996.
«Mise en scène»
L’écrivain, âgé de 49 ans, est également rédacteur en chef de la revue littéraire iranienne «Adineh». Il avait signé en octobre 1994 une pétition de 134 écrivains et journalistes iraniens réclamant une plus grande liberté d’expression
Fin juillet 1996, il avait été arrêté avec cinq autres artistes et écrivains invités à dîner chez un diplomate allemand à Téhéran, par des hommes des services de renseignements. Ce dîner avait été présenté par certains journaux iraniens comme un complot d’intellectuels organisé par l’ambassade allemande.
M. Sarkouhi avait ensuite disparu le 3 novembre dernier, alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol pour l’Allemagne à l’aéroport de Téhéran-Merhabad, suscitant une première vague d’inquiétude sur son sort.
Il a ensuite réapparu le 20 décembre à Téhéran pour affirmer dans une conférence de presse qu’il s’était bien rendu en Allemagne, puis s’était lancé dans une explication compliquée pour dire qu’il était revenu en Iran via les Pays-Bas, la Turquie et le Turkménistan.
Des personnalités iraniennes à l’étranger ainsi que des organisations de défense des droits de l’homme avaient qualifié cette réapparition de «mise en scène».
Cette affaire est suivie de très près par les autorités allemandes, au moment où les relations entre Téhéran et Bonn connaissent un coup de froid en raison du procès en cours à Berlin où les plus hauts dirigeants iraniens ont été mis en cause dans l’assassinat d’opposants kurdes en 1992 dans un restaurant berlinois, le «Mykonos».

