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Actualités - Conferences Internationales

L'économie mondiale n'est pas à l'abri de nouvelles crises, estime-t-on à Davos

DAVOS (Suisse), 31 Janvier (AFP). — L’économie mondiale est bien partie pour connaître une croissance solide cette année, mais n’est pas à l’abri de nouvelles crises financières, ni de difficultés d’adaptation structurelle à la nouvelle donne de la mondialisation, ont estimé vendredi des économistes au Forum économique mondial de Davos.
Ces économistes ont passé au crible l’évolution des taux de change entre le dollar, le yen et le mark, les conditions de réalisation de l’Union monétaire européenne et les difficultés des institutions financières japonaises.
Le secrétaire adjoint américain au Trésor, Larry Summers, a de son côté mis en garde contre les risques de rejet de la mondialisation, estimant d’autre part que l’on n’en avait «pas fini d’avoir besoin d’un Etat fort» pour remplir des fonctions sociales de base telles que l’accès à l’éducation ou à la santé.
«Dans de nombreux pays, la mondialisation est considérée comme la cause des désintégrations locales» qui pourtant «ne sont pas liées à la croissance du commerce mondial». «Les efforts des gouvernements pour s’assurer que personne ne reste sur le bord de la route sont d’une extrême importance», a souligné le responsable américain.
L’économiste allemand Horst Siebert, de l’Institut d’économie mondiale de Kiel, s’est inquiété de son côté du blocage en France et en Allemagne de la réforme du marché du travail et des systèmes de sécurité sociale, dont le mauvais fonctionnement et le mode de financement «détruisent des emplois», selon lui.
S’il persiste faute d’un consensus entre le gouvernement et la population, ce blocage pourrait déboucher sur une récession qui «ajouterait 800.000 chômeurs de plus en France et en Allemagne».
Pour M. Siebert par ailleurs, si l’union monétaire européenne démarre avec les pays du sud de l’Europe, l’«euro sera faible, l’inflation augmentera en Europe» et des «divergences politiques sur la parité euro-dollar» se manifesteront. Si ce scénario d’union monétaire large prévaut, «le mark va s’affaiblir» et pourrait tomber à 1,90 face au dollar contre 1,64 actuellement.
Dans le cas d’une Union monétaire plus restreinte, «il y a des chances pour que l’euro soit relativement stable». Il est enfin toujours possible que le projet d’union soit repoussé, a relevé M. Siebert.
De son côté, Ernst-Moritz Lipp, directeur général de la Dresdner Bank, a prédit un «débat acharné» dans l’année à venir sur la participation de l’Italie et de l’Espagne au premier train de l’euro en 1990.
«Mon sentiment est qu’ils n’en feront pas partie», ce qui décevra les marchés financiers et mettra sous pression les taux de change et le marché des obligations, a-t-il estimé.
Fred Bergsten, directeur de l’Institute for International Economics, pense en revanche que l’euro «a des chances de devenir une monnaie forte dès sa naissance», car la Banque centrale européenne s’efforcera d’acquérir une «crédibilité immédiate». L’euro deviendra ainsi la «deuxième devise» mondiale, a-t-il estimé.
Fred Bergsten redoute plutôt un «affaiblissement excessif du yen» qui «pourrait provoquer une crise financière au Japon et dans le monde».
Il a exhorté les ministres des Finances du G7 qui se réunissent le 8 février à Berlin à «mettre en place des mesures pour soutenir le yen afin d’éviter une chute libre» de la devise nipponne.
Le Japon a enregistré la croissance la plus faible du monde industrialisé depuis cinq ans malgré la décolonisation, des programmes de stimulation de l’économie, des taux d’intérêt proches de zéro et d’importants excédents commerciaux, a-t-il relevé.
Le talon d’Achille du Japon est «la faiblesse du système financier qui continue de peser sur l’ensemble de l’économie japonaise», a ajouté l’économiste américain, qui redoute notamment que les institutions financières japonaises ne «liquident» leurs gigantesques avoirs dans le monde.
Mais pour Kosaku Inaba, président de la chambre de commerce et d’industrie japonaise, le Japon n’a pas souffert du niveau du yen puisqu’aux niveaux actuels «les exportations repartent».
Il faudra 5 à 6 ans pour régler le problème des créances douteuses du système financier japonais, a-t-il d’autre part estimé.
DAVOS (Suisse), 31 Janvier (AFP). — L’économie mondiale est bien partie pour connaître une croissance solide cette année, mais n’est pas à l’abri de nouvelles crises financières, ni de difficultés d’adaptation structurelle à la nouvelle donne de la mondialisation, ont estimé vendredi des économistes au Forum économique mondial de Davos.Ces économistes ont passé au crible l’évolution des taux de change entre le dollar, le yen et le mark, les conditions de réalisation de l’Union monétaire européenne et les difficultés des institutions financières japonaises.Le secrétaire adjoint américain au Trésor, Larry Summers, a de son côté mis en garde contre les risques de rejet de la mondialisation, estimant d’autre part que l’on n’en avait «pas fini d’avoir besoin d’un Etat fort» pour remplir des...