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Actualités - Chronologie

Moscou espère un compromis avec les indépendantistes tchétchènes (photo)

MOSCOU, 29 Janvier (AFP). — Le Kremlin espère pouvoir trouver un compromis avec le nouveau pouvoir tchétchène issu des urnes, mais celui-ci se retrouve désormais investi d’une légitimité incontestable pour faire valoir son credo indépendantiste.
Les deux parties s’affirment prêtes à discuter, mais campent pour l’heure sur des positions diamétralement opposées dans l’interprétation des accords de paix volontairement flous signés en août, qui se contentent de fixer un délai de cinq ans pour définir «les relations» entre Moscou et Grozny.
«Il n’y a pas d’autre issue» que le maintien de la Tchétchénie dans la Russie, a souligné mercredi le porte-parole du Kremlin, tout en reconnaissant que Moscou n’avait «aucune raison pour évoquer une illégitimité des élections» tchétchènes.
Réponse directe aux premières déclarations d’Aslan Maskhadov, qui a répété que «la Tchétchénie est indépendante», son élection à la présidence tchétchène à peine annoncée mardi.
Chacun pressent que les discussions seront difficiles et que les indépendantistes les entament en position de force après leur victoire militaire.

La force plus que le droit

«L’Histoire contemporaine de la Russie s’écrit selon deux principes: au courageux toutes les récompenses, et la force vaut plus que le droit», relevait mercredi Vitaly Tretiakov, éditorialiste du quotidien «Nezavissimaïa Gazeta».
Et de prédire qu’en conséquence, «les Tchétchènes prendront la voie qui leur est la plus favorable: économiquement dans la Russie mais politiquement hors d’elle».
Les responsables russes sentent d’ailleurs que leur marge de manœuvre se trouve justement dans la faiblesse économique de la petite Tchétchénie, enclavée et aux infrastructures détruites par 21 mois de guerre.
«Il est hors de question que Moscou verse des réparations», comme l’exigent les indépendantistes, a souligné mercredi lors d’une conférence de presse Ivan Rybkine, secrétaire du Conseil de sécurité russe et à ce titre chargé du dossier tchétchène.
Et de souligner que 3.907 milliards de roubles (709 millions de dollars) étaient prévus «pour la reconstruction», émanant du budget fédéral russe destiné aux «sujets» de la fédération. Loin des estimations tchétchènes de 140 milliards de dollars de destructions.
«Il faut agir là-bas comme s’il s’agissait de «business». Nous devons préserver nos intérêts», souligne une source au Conseil de sécurité.
Cette approche pragmatique se double de l’espoir qu’Aslan Maskhadov, pour lequel Moscou n’avait pas caché sa préférence pendant la campagne, sera un interlocuteur plus flexible que ses prédécesseurs.

Question de formulation

Les prochaines négociations devraient commencer en février et les Russes ont déjà fait parvenir aux indépendantistes deux projets de statut pour la Tchétchénie, selon une source proche du dossier qui relève que «les questions de formulation ont une importance énorme» pour les Tchétchènes.
Le Kremlin, qui a signé ces dernières années une série d’accords de partage du pouvoir avec les républiques et régions russes, entend en outre associer le plus possible d’autres responsables régionaux aux négociations, dans l’espoir de démontrer aux indépendantistes l’avantage du fédéralisme.
Mais après une guerre qui a fait plus de 50.000 morts, Aslan Maskhadov sait que l’opinion publique tchétchène n’accepterait pas que les principes soient jetés à la rivière. «Le président est responsable aux yeux du peuple du pourquoi de cette guerre», relevait-il mardi. D’autant que son principal rival, Chamyl Bassaïev, a recueilli plus de 25%, selon les derniers résultats, sur un programme «d’indépendance tout de suite».
«Je ne vois pas de solution dans ce délai de cinq ans, résume Andreï Zobov, analyste à l’antenne moscovite de la Fondation Carnegie. Peut-être qu’après cette période, l’indépendance sera acceptable pour Moscou. Certaines voix disent déjà qu’il serait plus simple pour la Russie d’avoir des liens plus relâchés avec la Tchétchénie».
MOSCOU, 29 Janvier (AFP). — Le Kremlin espère pouvoir trouver un compromis avec le nouveau pouvoir tchétchène issu des urnes, mais celui-ci se retrouve désormais investi d’une légitimité incontestable pour faire valoir son credo indépendantiste.Les deux parties s’affirment prêtes à discuter, mais campent pour l’heure sur des positions diamétralement opposées dans l’interprétation des accords de paix volontairement flous signés en août, qui se contentent de fixer un délai de cinq ans pour définir «les relations» entre Moscou et Grozny.«Il n’y a pas d’autre issue» que le maintien de la Tchétchénie dans la Russie, a souligné mercredi le porte-parole du Kremlin, tout en reconnaissant que Moscou n’avait «aucune raison pour évoquer une illégitimité des élections» tchétchènes.Réponse directe aux...