Ce rendez-vous annuel est devenu incontournable pour les membres de ce club très femé des décideurs de la planète.
Environ 300 journalistes seront là aussi pour «couvrir» notamment les venues du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, du président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat, du président égyptien Hosni Moubarak, du premier ministre russe Viktor Tchernomyrdine et du nouveau secrétaire général de l’ONU Kofi Annan.
Nombre d’autres chefs d’Etat ou de gouvernement, des dizaines de ministres et des grands de l’industrie mondiale comme Bill Gates, président de Microsoft, sont attendus au Forum qui se prolongera jusqu’au 4 février.
Consacré au thème «construire la société en réseau», il y sera beaucoup question d’Internet et de la société «numérique» qui s’édifie à la veille du XXIe siècle.
Mais comme d’habitude l’aspect politique primera, avec la première occasion de rencontre entre les dirigeants israélien, palestinien et égyptien, depuis le retrait partiel de l’armée israélienne de Hébron qui a relancé le processus de paix à la mi-janvier.
A l’heure où la santé du président russe Boris Eltsine apporte de nouvelles inquiétudes, on attendra aussi avec un vif intérêt M. Tchernomyrdine.
Celui-ci risque de croiser à Davos le candidat le plus crédible à la succession de M. Eltsine si la maladie forçait ce dernier à abandonner le pouvoir, le général Alexandre Lebed à la voix de basse profonde qui a fait la paix en Tchétchénie.
Quoique non-invité officiellement jusqu’à la veille du Forum, M. Lebed avait le projet de venir, et l’organisation très flexible du Forum permet d’ajouter des participants jusqu’au dernier moment.
Autre sujet brûlant qui pourrait être évoqué à Davos en marge du Forum: les avoirs juifs en déshérence, déposés en suisse du temps du nazisme et dont les propriétaires sont morts dans les camps d’extermination.
Un scénario
bien établi
Dans cette affaire qui vaut à la Suisse depuis des mois des critiques virulentes du Congrès juif mondial et du sénateur américain Alfonse D’Amato, les banquiers et les responsables politiques suisses ont accumulé les maladresses.
L’une des plus récentes a été une interview donnée en fin d’année par le ministre suisse de l’Economie Jean-Pascal Delamuraz, alors président de la Confédération helvétique, qui qualifiait de «chantage» et de «rançon» la suggestion d’un fonds suisse de 250 millions de dollars pour les survivants de la Shoah et leurs descendants.
M. Delamuraz viendra à Davos avec d’autres ministres suisses dont celui des Affaires étrangères, ce qui pourrait contribuer à apaiser les tensions.
Le Forum se déroulera selon un scénario désormais bien établi, avec outre les sessions plénières, de très nombreux groupes de travail alternant avec des réunions en petit comité, voire à huis-clos dans des hôtels, le principe étant de mettre en contact personnel direct un maximum de décideurs.
Le point d’orgue public sera la plénière de dimanche après-midi, sur le thème du «rôle des affaires dans le processus de réconciliation au Moyen-Orient», avec, indique le programme, la participation de «dirigeants politiques majeurs» de la région.
Le Forum de Davos compte aussi quelques séminaires sur des sujets originaux, ainsi une «Introduction au Feng Shui» prévue lundi soir pour ceux qui s’intéressent à la géomancie chinoise, art de vivre en harmonie avec sa maison et ses meubles.60


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