Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Yougoslavie : Milosévic muselle les médias indépendants (photos)

BELGRADE, 26 Janvier (AFP). Le régime serbe a poursuivi son offensive contre les médias qui ne sont pas à sa botte, en interdisant une chaîne de télévision indépendante émettant dans l’ouest du pays.
A Belgrade, au moins trois manifestants ont été blessés lorsque la police a matraqué la foule cherchant à rejoindre les étudiants rassemblés dans le centre-ville.

La chaîne Kanal 4 basée à Bajina Basta, une petite ville proche de la frontière avec la Bosnie, a été interdite d’émission sous prétexte qu’elle «interférait avec les fréquences de l’armée et de la police de la région».

C’est la deuxième fois en quatre jours que le pouvoir du président Slobodan Milosevic s’en prend à des médias dans des villes remportées par l’opposition aux élections municipales du 17 novembre.

«Le régime ne renonce pas à son intention d’étouffer les médias indépendants en Serbie», a accusé le Mouvement serbe de renouveau (SPO), un des trois partis membres de la coalition «Ensemble». Selon lui, le pouvoir cherche ainsi à «provoquer des troubles dans les villes où l’opposition a remporté le pouvoir local en confisquant des médias indépendants».
Le contrôle des médias locaux est un des principaux enjeux du bras de fer engagé depuis plus de deux mois entre le régime et l’opposition, qui réclame toujours la reconnaissance de ses victoires dans l’ensemble des 14 grandes villes — dont Belgrade — où elle l’a emporté.
De violents incidents avaient éclaté jeudi à Kragujevac (120 km au sud de Belgrade) lorsque la police avait chargé à coups de matraque des manifestants qui protestaient contre l’occupation de la radio-télévision locale par les forces anti-émeutes. Au moins sept personnes avaient été blessées, dont un député de l’opposition qui avait dû être hospitalisé pour une commotion cérébrale.
A Belgrade, au moins trois manifestants ont été blessés, selon des témoignages, lorsque la police a chargé un groupe qui se trouvait à une centaine de mètres de l’endroit où les étudiants sont réunis face au cordon des forces anti-émeutes leur bloquant le passage.
«Lorsque la police a commencé à attaquer, tout le monde s’est assis au milieu de la rue, et ils ont alors sorti les matraques», a raconté un témoin, Jovan Mesic, selon lequel «au moins six ou sept personnes ont été frappées».
Un des manifestants «avait la tête ensanglantée» et un autre a eu le nez cassé, selon d’autres témoins. Les secouristes sur place ont fait état d’un troisième blessé, qui a été immédiatement évacué en ambulance.
Plusieurs centaines de manifestants en colère ont alors fait face aux policiers et, aux cris de «Belgrade ne se rendra pas», ont commencé à jeter des projectiles sur les policiers en avançant sur eux. Mais le service d’ordre des étudiants est intervenu afin d’éviter une confrontation directe et la tension est quelque peu retombée.
Dans une déclaration à la radio d’Etat, le porte-parole du Parti socialiste (SPS, au pouvoir) Ivica Dacic avait auparavant assuré que «les forces de l’ordre n’utiliseront pas la force contre des manifestations non violentes». Il avait reproché à l’opposition «d’éviter le dialogue».
Près de 200 médecins étaient venus offrir leur «protection» symbolique aux étudiants qui, depuis près d’une semaine, montent la garde face au cordon de police. Après avoir reçu le soutien de juges, d’avocats, d’acteurs, des chauffeurs de taxis et du patriarche de l’Eglise orthodoxe serbe Mgr Pavle, les étudiants ont ovationné les médecins qui ont pris position devant le cordon.
L’agence indépendante BETA a annoncé que les étudiants avaient porté plainte contre le premier ministre serbe Mirko Marjanovic et le ministre de l’Intérieur Zoran Sokolovic, qu’ils accusent d’abus de pouvoir et d’entrave à leur liberté.
L’opposition a pour sa part déclaré que M. Milosevic risquait de «désintégrer» la Serbie en y multipliant les troubles, notamment dans la province du Kosovo à majorité albanaise, dans l’espoir de conserver son pouvoir.
La France a dénoncé le durcissement des autorités et «vivement déploré» les incidents de Kragujevac. «Les autorités yougoslaves ne semblent pas avoir pris la mesure de la gravité de la situation», a estimé un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.
Il a aussi «mis en garde» Belgrade contre «les procédures juridiques dilatoires» utilisées par le gouvernement pour contester les victoires de l’opposition aux municipales.
Le gouvernement américain avait fait savoir cette semaine qu’il était «très inquiet de l’usage de la force» par la police serbe et avait dénoncé «les restrictions à la liberté de la presse».
Mais le président Milosevic reste sourd depuis plus de deux mois aux nombreux appels et avertissements de la communauté internationale, qui n’ont été assortis d’aucune menace concrète.
BELGRADE, 26 Janvier (AFP). Le régime serbe a poursuivi son offensive contre les médias qui ne sont pas à sa botte, en interdisant une chaîne de télévision indépendante émettant dans l’ouest du pays.A Belgrade, au moins trois manifestants ont été blessés lorsque la police a matraqué la foule cherchant à rejoindre les étudiants rassemblés dans le centre-ville.La chaîne Kanal 4 basée à Bajina Basta, une petite ville proche de la frontière avec la Bosnie, a été interdite d’émission sous prétexte qu’elle «interférait avec les fréquences de l’armée et de la police de la région». C’est la deuxième fois en quatre jours que le pouvoir du président Slobodan Milosevic s’en prend à des médias dans des villes remportées par l’opposition aux élections municipales du 17 novembre.«Le régime ne renonce...