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Actualités - Chronologie

L'opposition algérienne rejette la thèse du complot de Zeroual (photo)

ALGER, 26 Janvier (AFP-Reuter). — L’opposition a rejeté ce week-end la thèse du «complot» présentée par le chef de l’Etat Liamine Zéroual et estimé que le discours présidentiel n’avait pas répondu à l’angoisse des Algériens, confrontés à une vague de terreur sans précédent en cinq ans de conflit. Deux nouvelles tueries, à Alger et Berrouaghia (100km au sud), attribuées aux islamistes et annoncées samedi par la presse, ont fait 28 victimes, portant à près de 250 le nombre de morts depuis le début du Ramadan, le 10 janvier, selon des bilans partiels.
Moins de 24 heures après le discours à la nation de M. Zéroual, promettant «d’exterminer» les groupes islamiques et mettant en cause l’opposition, le ministère de l’Intérieur a adressé une sévère mise en garde à la presse.
L’Etat ne «saura tolérer davantage toutes les dérives» de certains titres qui font «le jeu de la propagande terroriste», a indiqué le ministère. Il a accusé certains journaux «d’amplifier le nombre des victimes ou parfois même d’inventer des actes terroristes».
Un des principaux opposants, Hocine Aït-Ahmed, interrogé samedi en France par la radio privée RTL, a qualifié l’allocution de M. Zéroual de «discours de haine».
Le chef du Front des forces socialistes (FFS) a rejeté les affirmations du président sur l’existence d’un «complot» mené avec l’aide de «forces étrangères» et de «personnalités algériennes», en les qualifiant de vision «stalinienne». «L’Algérie est à feu et à sang», et «le général Zéroual n’a qu’une chose à dire (...): complot international», a-t-il ajouté.
Vendredi soir, M. Zéroual avait reconnu l’ampleur des massacres, rompant avec la thèse officielle d’un «terrorisme résiduel».
«Des citoyens innocents, toutes catégories confondues, sont victimes chaque jour d’un terrorisme aveugle jamais égal en d’autre temps ou d’autres lieux», a notamment déclaré le président.
Il a accusé une partie de l’opposition, qui avait signé un «contrat national» en janvier 1995 à Rome avec le Front islamique du salut (FIS, dissous), «d’utiliser le mouvement terroriste pour casser la volonté du peuple algérien».
M. Zéroual a affiché sa détermination à poursuivre le processus de «redressement national» malgré le «terrorisme», qui, a-t-il argumenté, redouble à chaque échéance électorale. Des élections législatives sont prévues avant la fin du premier semestre 1997.

Rassemblement
des «forces vives»

Quatre partis politiques de la mouvance «démocrate» ont appelé samedi à «un rassemblement des forces vives de la nation».
«Patriotes républicains et démocrates, nous avons le devoir historique de relever le défi du double péril que représentent le projet intégriste et le système prédateur» du pouvoir, ont indiqué ces partis.
Il s’agit du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), du mouvement Ettahaddi (ex-PAGS, communiste), du Mouvement algérien pour la justice et le développement (MAJD) et du Front des forces démocratiques (FFD).
Le chef du RCD, Saïd Sadi a estimé de son côté que le discours présidentiel «venait fermer un peu plus le jeu politique».
Le vice-président du premier parti islamiste légal, le Mouvement de la société islamique (MSI-Hamas, deux sièges au gouvernement), Abdelkader Sayah, a déclaré que le discours de M. Zéroual n’a fait que «diagnostiquer la situation et situer la responsabilité de milieux politiques».
Les partis soutenant M. Zéroual ont approuvé la teneur du discours, tout en réclamant des mesures concrètes. Le Parti du renouveau algérien (PRA) de Noureddine Boukrouh, qui participe au gouvernement, a ainsi préconisé «un nouveau souffle dans la lutte antiterroriste».
A Alger, une centaine de manifestants, en majorité des femmes, se sont réunies, malgré l’opposition de la police, à Belcourt, sur les lieux de l’attentat perpétré dimanche dernier (21 morts, selon un bilan officiel, 42 selon un journal) afin de dénoncer le «terrorisme», les «égorgeurs et les tueurs».
Le Groupe islamique armé (GIA) avait promis une «intensification de la guerre» durant le mois de jeûne du Ramadan et averti la population qu’il «n’y avait plus de neutralité» possible, selon un communiqué présenté mardi par le quotidien privé El-Watan comme émanant du mouvement.
Les affrontements et les exactions contre les civils ont fait plus de 50.000 morts depuis 1992, selon des sources occidentales.
ALGER, 26 Janvier (AFP-Reuter). — L’opposition a rejeté ce week-end la thèse du «complot» présentée par le chef de l’Etat Liamine Zéroual et estimé que le discours présidentiel n’avait pas répondu à l’angoisse des Algériens, confrontés à une vague de terreur sans précédent en cinq ans de conflit. Deux nouvelles tueries, à Alger et Berrouaghia (100km au sud), attribuées aux islamistes et annoncées samedi par la presse, ont fait 28 victimes, portant à près de 250 le nombre de morts depuis le début du Ramadan, le 10 janvier, selon des bilans partiels.Moins de 24 heures après le discours à la nation de M. Zéroual, promettant «d’exterminer» les groupes islamiques et mettant en cause l’opposition, le ministère de l’Intérieur a adressé une sévère mise en garde à la presse.L’Etat ne «saura...