«Nous sommes prêts à défendre la foi», a lancé le président soudanais, accueilli par les acclamations des soldats brandissant des fusils d’assaut Kalachnikov et scandant «Allah Akbar» (Dieu est le plus grand).
Il s’agissait de la première visite du président dans la région du Nil Bleu depuis que des combats y ont éclaté voilà deux semaines. Khartoum accuse l’Ethiopie, qui a démenti, tandis que l’opposition armée soudanaise affirme agir seule.
«Dieu soit loué pour nous avoir fourni une occasion de Jihad (guerre sainte) durant le mois sacré (du Ramadan) pour remporter les lauriers de la victoire ou ceux du martyr», a déclaré le général Béchir aux troupes de l’armée, des Forces de défense populaire (FDP, milice islamiste para-militaire) et de «moudjahidine» volontaires rameutés de différentes parties du pays pour mener une contre-offensive.
Le quotidien gouvernemental al-Sudan al-Hadith a affirmé samedi que deux des responsables locaux faits prisonniers lors de la prise de la ville frontalière de Kurmuk le 12 janvier ont été tués.
Le journal ne précise pas les circonstances, le lieu ni la date de la mort du président du conseil local de Kurmuk, Al-Rabeï Ahmed Keremenu, et du secrétaire du Congrès national de Kurmuk, Ismaïl Mahmoud.
Le Soudan avait auparavant accusé l’Ethiopie d’avoir tué une partie de 160 lycéens faits prisonniers lors de la prise de Kurmuk et d’avoir emmené en captivité le commissaire de la province, Yakoub Hussein.
Le journal rapporte également que les forces soudanaises ont tué 17 soldats éthiopiens et blessé dix autres, tout en détruisant des équipements et saisissant des armes dans des combats dont il ne précise ni le lieu ni la date.
«Les forces armées ont marqué une nouvelle victoire contre les troupes tigréennes», selon le quotidien.
Selon le ministre soudanais de l’Information Al-Tayeb Mohammed Khaïr, les forces soudanaises n’effectuent actuellement que des attaques mineures pour «déranger l’ennemi».
D’autre part, le quotidien indépendant Akhbar al-Yaoum cite samedi Abdallah Idris, chef du Front de libération érythréen (FLE) et de l’Alliance nationale de l’opposition érythréenne (ANE), selon lequel les combats à la frontière érythréo-soudanaise «étaient attendus depuis l’arrivée au pouvoir d’Afeworki en raison de son animosité envers les Arabes et les musulmans».
Il a qualifié le président érythréen Issaias Afeworki d’«outil aux mains d’Israël» et estimé que les récents développements sont «une application d’un complot sioniste qu’Afeworki a entamé depuis son retour d’un voyage pour traitement médical dans l’Etat sioniste».
Selon lui, l’ANE cherche à établir un consensus soudano-érythréen basé sur des intérêts communs, «en premier lieu le rejet catégorique de la politique répressive d’Afeworki».


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