Cette «riposte qui ne saura tarder, sera de nature à mettre hors d’état de nuire les auteurs (de ces attaques) et ceux qui en auraient encore l’intention ou la tentation», a indiqué le ministre rwandais des Affaires étrangères Anastase Gasana.
S’adressant aux ambassadeurs accrédités à Kigali, il a demandé à la communauté internationale de poursuivre son assistance aux autorités rwandaises, dominées par la minorité tutsie, et de choisir son camp en signifiant sa «solidarité» avec Kigali.
Le ministre n’a pas donné de précisions sur la prochaine «riposte», mais il pourrait s’agir de vastes opérations de ratissage menées dans plusieurs régions du Rwanda, notamment le Nord-Ouest.
Des hommes armés avaient attaqué samedi soir plusieurs organisations humanitaires à Ruhengeri (Nord-Ouest), tuant trois membres espagnols de Médecins du monde et blessant grièvement un Américain de cette organisation.
Ces violences ont provoqué un véritable choc au sein de la communauté humanitaire, qui a réduit ses activités et tend à se regrouper dans la capitale. La population vit également dans la crainte de nouvelles attaques.
Les autorités ont immédiatement accusé des membres des anciennes Forces armées rwandaises (FAR) et miliciens hutus interahamwe, coupables des pires atrocités lors du génocide de 1994 qui a coûté la vie à plus de 500.000 Tutsis et Hutus modérés.
Le Rassemblement pour le retour des réfugiés et de la démocratie (RDR, Hutus) a, depuis Nairobi (Kenya), rejeté la responsabilité de ces meurtres sur l’armée rwandaise, dominée par la minorité tutsie.
Infiltrations
meurtrières
Depuis le début de l’année, les attaques se multiplient dans le nord-ouest du Rwanda, frontalier du Zaïre. Cette recrudescence des violences intervient après six mois de relative accalmie.
L’armée rwandaise avait mené en juillet et août derniers des opérations de ratissage, qui s’étaient soldées par des centaines de morts, afin de mettre un terme à des infiltrations meurtrières d’extrémistes hutus venus du Zaïre.
Mais l’avancée d’une rébellion dominée par les Tutsis, qui a progressivement conquis une grande partie de l’Est du Zaïre, a provoqué le retour au Rwanda de plus d’un demi-million de réfugiés hutus, dont des extrémistes, à la mi-novembre.
Ces extrémistes ont ainsi perdu la majorité de leurs bases au Zaïre, mais restent toutefois actifs à l’intérieur du pays, où ils disposent visiblement de la collaboration d’une partie de la population.
Ce regain d’activités des extrémistes hutus coïncide avec une contre-offensive, présentée comme imminente par Kinshasa, de l’armée zaïroise, et des ses alliés ex-FAR et interahamwe, contre les rebelles tutsis de Laurent-Désiré Kabila.
Selon plusieurs observateurs, les récentes attaques viseraient à distraire l’attention de l’armée rwandaise, voire à couper la route reliant Kigali et Goma et qui passe, justement, par le nord-ouest du Rwanda.
Kinshasa a en effet régulièrement accusé les autorités rwandaises, ainsi que celles d’Ouganda et du Burundi, d’apporter un soutien militaire à la rébellion.
Face à cette situation «difficile mais maîtrisable», le ministre rwandais des Affaires étrangères a très clairement souligné ce qu’il attendait des ambassadeurs et des Etats qu’ils représentent: «Votre détermination à résister aux messages des pêcheurs en eau trouble, votre perspicacité à assister la population rwandaise, votre bonne foi et la confiance que vous placez dans le gouvernement seront la preuve que la solidarité n’est pas un vain mot», a-t-il insisté.


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