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Actualités - Chronologie

Russie : policiers et popes pour une nouvelle idéologie nationale

MOSCOU, 22 Janvier (AFP). — Un débat animé par des personnalités nationalistes, dont le cinéaste Nikita Mikhalkov, vient de confirmer la montée à Moscou d’un mouvement pour le retour aux valeurs de la Russie tsariste, destiné à combler le vide idéologique après la fin de l’URSS.
Le 21 janvier, jour anniversaire de la mort de Lénine, père de feu l’idéologie bolchévique, les soutanes noires des prêtres orthodoxes se mêlaient aux uniformes bleus des élèves-policiers russes, réunis à l’Académie du ministère de l’Intérieur pour discuter d’une «nouvelle idée nationale pour la Russie».
Pourquoi les Russes ne retourneraient-ils pas à l’idée nationale de la Russie tsariste, «orthodoxie, autocratie et génie du peuple», s’interroge le célèbre cinéaste Nikita Mikhalkov, dont le discours enflammé a enthousiasmé les futurs policiers et les ecclésiastiques.

Nouvelles troïka

Récemment, la presse russe a annoncé l’éventuel retour en Russie de la famille Romanov, liée au dernier tsar Nicolas II assassiné par les Bolchéviques en 1918. Il s’agirait d’une réhabilitation symbolique, sans incidence sur les institutions politiques russes.
Ce retour participe d’un débat qui agite depuis des mois la société russe. La rumeur affirme même qu’un groupe de personnalités russes se réunit régulièrement dans l’une des résidences secondaires du président russe Boris Eltsine pour élaborer une nouvelle idéologie nationale.
«Avant, on nous disait: Dieu n’existe pas, mais Lénine existe et nous allons ensemble vers un avenir radieux, a dénoncé le père Evgueni, directeur de l’Académie religieuse de Moscou. Aujourd’hui, on nous dit toujours que Dieu n’existe pas et que nous allons tous mourir. Mettez donc la main sur tout ce que vous pouvez et sauvez-vous, nous dit-on».
«Dans tous les cas, la nouvelle idée nationale ne peut pas exister hors de l’orthodoxie qui doit redevenir une matière obligatoire dans les écoles», a lancé le réalisateur Mikhalkov, auteur du «Soleil Trompeur» (Oscar du meilleur film étranger de 1995).
Le chef du mouvement «Orthodoxie russe», Alexandre Bourkine, propose une autre recette pour «faire revenir l’homme de la rue vers les vraies valeurs»: instaurer dans les villages de nouvelles «troïka», composées du chef de l’administration locale, du chef de la police et du prêtre.
Le prêtre pourrait s’intégrer dans la vie rurale en «consacrant le lac du village», ou «en consacrant tout début ou fin des travaux agricoles». «Qu’il se rende avec le policier local sur les lieux d’un crime et le purifie avec de l’eau bénite», a proposé le nouveau militant de l’orthodoxie aux auditeurs de l’Académie.

Moins de crimes

Mais tout zèle exagéré des autorités peut provoquer une riposte: «Se signer risque de devenir aujourd’hui aussi obligatoire qu’à l’époque était assister aux réunions de la cellule du Parti communiste», met en garde M. Mikhalkov.
«L’orthodoxie doit savoir se défendre et discerner ceux qui veulent du bien à la patrie et ceux qui veulent par ce biais arriver au pouvoir», a-t-il ajouté.
Le leader d’extrême-droite Vladimir Jirinovski a affecté de ne pas comprendre l’allusion du célèbre cinéaste. «Nous devons entamer une offensive politique», a-t-il crié en expliquant: «Nous n’avons pas le temps de construire des milliers d’églises et d’élever une autre génération de prêtres (…) mais nous pouvons vous aider à bloquer des lois au Parlement ou à en amender d’autres», a ajouté le député ultra-nationaliste à l’adresse du clergé.
Quant aux jeunes auditeurs, ils sont convaincus de la nécessité de régénérer la spiritualité russe: «La Russie a perdu son idée nationale, et on peut prendre l’idée de l’orthodoxie comme base et l’accommoder à la société actuelle», estime Dmitri Frillippov, un futur policier de 19 ans.
«Si nous retrouvons notre spiritualité, cela peut diminuer le nombre de crimes», renchérit son camarade de classe, Andreï Iazev, 18 ans.
MOSCOU, 22 Janvier (AFP). — Un débat animé par des personnalités nationalistes, dont le cinéaste Nikita Mikhalkov, vient de confirmer la montée à Moscou d’un mouvement pour le retour aux valeurs de la Russie tsariste, destiné à combler le vide idéologique après la fin de l’URSS.Le 21 janvier, jour anniversaire de la mort de Lénine, père de feu l’idéologie bolchévique, les soutanes noires des prêtres orthodoxes se mêlaient aux uniformes bleus des élèves-policiers russes, réunis à l’Académie du ministère de l’Intérieur pour discuter d’une «nouvelle idée nationale pour la Russie».Pourquoi les Russes ne retourneraient-ils pas à l’idée nationale de la Russie tsariste, «orthodoxie, autocratie et génie du peuple», s’interroge le célèbre cinéaste Nikita Mikhalkov, dont le discours enflammé a...