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Actualités - Chronologie

Les islamistes du Koweit partent en guerre contre les écrivains libéraux

KOWEIT, 20 Janvier (AFP). — Les islamistes koweitiens qui se posent en garants de l’ordre moral ont récemment concentré leurs attaques contre des écrivains, les traînant devant la justice pour avoir osé parler de sexe et de religion. Au cours des dernières semaines, deux romancières koweitiennes et deux universitaires se sont attiré les foudres des islamistes, qui leur contestent la liberté de parler dans leurs écrits de relations sexuelles et de la vie du prophète Mohamed.
Des actions en justice ont été ainsi engagées par quatre islamistes contre la romancière Leila Othman et l’écrivain Alia Chouaïb. Selon les plaignants, deux romans de Leila Othman et un ouvrage de Alia Chouaïb sont truffés de scènes sexuelles contraires aux préceptes de l’islam.
L’un des plaignants, M. Abdel-Latif al-Atiqi, un fonctionnaire qui collabore au quotidien Al-Qabas, a déclaré avoir mené cette action pour «protéger la morale» publique.
Les deux femmes écrivains ont été entendues par le procureur général fin décembre. «J’ai peur pour les arts et la littérature en général (...) J’ai peur pour mon pays», a déclaré Leila Othman.
«Je n’ai pas beaucoup parlé de sexe dans mes livres. J’ai juste écrit ce qui était nécessaire dans le cadre du roman», a-t-elle expliqué.
Les deux livres contestés de la romancière sont des recueils de nouvelles, l’un intitulé «L’Exode» et l’autre «Les Yeux viennent la nuit», qui évoquent une relation homosexuelle et des relations extra-maritales.
Mais les milieux islamistes, très actifs au Koweit où ils contrôlent 16 des 50 sièges du Parlement, ne tolèrent pas de tels écrits. «Nous n’acceptons pas le roman sur l’homosexualité parce que nous sommes des musulmans», a affirmé M. Atiqi.
Les deux romans ont été publiés dans les années 80, mais M. Atiqi a affirmé avoir décidé d’introduire un recours en justice après en avoir lu, par hasard, des extraits publiés en mai 1996.
M. Atiqi a également engagé un recours contre Alia Chouaïb pour un livre publié en 1993. En novembre dernier, cet écrivain a provoqué un tollé après avoir fait état, dans une interview à une revue locale, de relations lesbiennes à l’université du Koweit où elle enseigne.
Deux universitaires koweitiens sont également traînés devant les tribunaux pour des commentaires sur la vie du prophète Mohamed.
Un avocat, Khaled al-Jalil, a intenté en décembre un recours en justice pour blasphème contre l’ancien ministre de l’Education Souleiman al-Badr, qui a estimé que le prophète avait échoué pendant les treize premières années au cours desquelles il a commencé à propager la religion musulmane.
M. Badr, un professeur d’histoire, a dû par la suite faire de excuses publiques.
Un autre universitaire, Ahmad al-Baghdadi, professeur de sciences politiques, qui a fait des remarques similaires dans une revue estudiantine, a affirmé faire l’objet d’un recours en justice.
Les libéraux koweitiens se sont élevés contre cette campagne. L’Association des écrivains koweitiens a qualifié ces actions en justice de «terrorisme intellectuel». «Tous les écrivains ont besoin de liberté», a affirmé Khaled Abdel-Latif Ramadan, président de cette association.
Pour sa part, Leila Othman est déterminée à ne pas se laisser intimider: «Je ne regrette rien de ce que j’ai écrit. Je continuerai à écrire ce en quoi je crois», a-t-elle déclaré.
KOWEIT, 20 Janvier (AFP). — Les islamistes koweitiens qui se posent en garants de l’ordre moral ont récemment concentré leurs attaques contre des écrivains, les traînant devant la justice pour avoir osé parler de sexe et de religion. Au cours des dernières semaines, deux romancières koweitiennes et deux universitaires se sont attiré les foudres des islamistes, qui leur contestent la liberté de parler dans leurs écrits de relations sexuelles et de la vie du prophète Mohamed.Des actions en justice ont été ainsi engagées par quatre islamistes contre la romancière Leila Othman et l’écrivain Alia Chouaïb. Selon les plaignants, deux romans de Leila Othman et un ouvrage de Alia Chouaïb sont truffés de scènes sexuelles contraires aux préceptes de l’islam.L’un des plaignants, M. Abdel-Latif al-Atiqi, un...