Rechercher
Rechercher

Actualités - Analyse

Revue hebdomdaire des marchés financiers Nouvelle appréciation de la livre

Les considérations liées au développement de la situation politique au Liban ne devaient plus avoir, comme auparavant, d’impact sur la tendance du marché des changes. Ce sont, depuis quelque temps, les données monétaires et financières qui commencent à prendre du poids dans la détermination de l’évolution de la livre libanaise, notamment par rapport au dollar. A cet égard, les opérateurs se montrent de plus en plus sensibilisés non seulement par le différentiel des taux d’intérêt libanais et américains, qui reste toujours en faveur de la livre malgré l’abaissement de son loyer pour stimuler la croissance de l’économie et réduire le service de la dette publique, mais par d’autres éléments positifs.

Au nombre de ceux-ci, on avance l’excédent de la balance libanaise des paiements qui aurait dépassé en 1996 les 800 millions de dollars contre 256 millions en 1995, l’augmentation des réserves de change brutes de la Banque du Liban (B.D.L.) à environ 5,89 milliards de dollars contre 4,49 milliards et la diminution du taux de l’inflation de 15% à moins de 10% pendant la même période. De plus, la politique de stabilité monétaire menée avec succès, contre vents et marées, devait aussi conférer plus d’actualité aux placements au Liban. Ce phénomène se traduit toutes les semaines par l’engouement manifesté pour les souscriptions aux bons du Trésor libanais à 12 et 24 mois, témoignant de la confiance dont jouit la livre et d’une prise de conscience du caractère outrancier du scepticisme de certains au sujet de la dette publique intérieure.
Bien que les réalités économiques et politiques soulèvent beaucoup d’interrogations au niveau de la communauté financière et du grand public, il n’en demeure pas moins, pour le moment, que leur prise en considération ne soit pas de nature à remettre en cause la détermination des investisseurs. En effet, la situation technique du marché des changes demeure toujours saine, confortée fortement qu’elle était par la propension des opérateurs à se débarrasser du dollar, et se positionne en livre, deux mouvements caractéristiques de confiance.
Ainsi, pour la semaine dernière, le «billet vert» continuait à être «survendu» et souvent sans contrepartie valable à l’achat même au bas de la fourchette d’intervention de la B.D.L. et en dehors de celle-ci. Il est revenu, en effet, vendredi passé à 1546,00/1555,50 L.L., soit à un taux moyen indicatif de 1550,75 L.L., contre 1546,50/1556,00 L.L. et à un taux moyen indicatif de 1551,25 L.L. au vendredi 10 janvier, en baisse de 0,03%.
Il reste à signaler dans cette évaluation que le dollar était pratiquement négocié bien en deçà de ces taux indicatifs sur le marché interbancaire, soit à 1546,00 L.L. contre 1546,50 L.L. pendant la même période, dans des volumes d’affaires en net développement et en grande partie absorbés par la B.D.L., en l’absence d’intérêts à l’achat du «billet vert».

Accentuation de
la hausse du dollar
à l’étranger

A l’étranger, le dollar, continuant sur sa lancée du début de l’année, a accentué son mouvement ascensionnel, la semaine denrière, vis-à-vis de toutes les autres grandes monnaies, notamment le deutsche mark et le yen. Sa tendance a été soutenue par la solidité de l’économie américaine et le maintien de l’inflation sous contrôle aux Etats-Unis, deux éléments qui ne cessent de drainer les capitaux étrangers vers des actifs américains en actions et en obligations, comme en témoignent les records historiques de hausse affichés par Wall Street. Ce mouvement est d’autant plus étonnant qu’il est intervenu malgré une mise en garde lancée au début de la semaine dernière, à partir de Bruxelles, par le président de la Réserve fédérale (FED), Alan Greenspan, contre les trops grands risques encourus par les marchés financiers en cas de crise, suivie d’une autre mise en garde d’un membre de la FED, Laurence Meyer, contre une résurgence de l’inflation.
Mais les marchés ont passé outre ces remarques émanant de hauts responsables monétaires américains, ainsi que celles attribuées au chef du gouvernement japonais, Ryutaro Hashimoto, et à son ministre des Finances, Hiroshi Mitsuzuka, estimant qu’une dépréciation excessive du yen n’était pas souhaitable. Ils ont, en outre, ignoré les propos du vice-président de la Bundesbank, Johann Wilhelm Gaddum, excluant toute réduction des taux d’intérêt allemands tant anticipée dans les attaques à la baisse contre le deutsche mark.
De fait, les marchés n’ont retenu la semaine dernière que l’annonce d’une hausse de 0,8% de la production industrielle aux Etats-Unis en décembre contre 0,9% en novembre et d’une augmentation du taux d’utilisation des capacités industrielles à 83,4% contre 83,3% pendant la même période, ainsi que du maintien du déficit commercial américain aux alentours de 8,4 milliards de dollars au novembre contre 8,01 milliards en octobre, alors qu’on tablait sur un déficit à plus de 10 milliards, pour rechercher activement le dollar. Cela d’autant que l’université de Michigan faisait savoir que son indice mensuel mesurant le sentiment des consommateurs serait revenu à 96,00 points en janvier contre 96,90 points en décembre, témoignant que la croissance de l’économie américaine se produisait toujours sans inflation.
Plus tôt dans la semaine, les marchés avaient appris aussi que la forte augmentation de 0,6% des ventes au détail le mois dernier contre une baisse de 0,2% au novembre ne s’était pas accompagnée d’une hausse correspondante des prix à la consommation, lesquels n’auraient progressé que de 0,3%, comme en novembre, malgré la hausse des salaires réels aux Etats-Unis de 1,1% contre 1% pendant la même période.
En effet, les opérateurs se sont donc montrés moins préoccupés des craintes inflationnistes inhérentes aux périodes de croissance économique, même après l’annonce jeudi dernier d’une nette diminution des demandes d’allocations-chômage de 32.000 personnes pendant la deuxième semaine de janvier, témoignant de la poursuite des créations d’emplois non agricoles par l’économie. Ils ont donc continué à rechercher le dollar, le portant à ses plus hauts niveaux depuis juin 1994 contre le deutsche mark et depuis mars 1993 contre le yen, à un moment où le sterling se ressentait du statu quo monétaire observé par la Banque d’Angleterre à l’issue de la réunion qui avait groupé le gouverneur de celle-ci, Eddie George, au chancelier de l’Echiquier, Kenneth Clarke, mercredi dernier, privilégiant le «billet vert» sur toutes les autres monnaies. C’est ainsi qu’il est parvenu à achever la semaine à New York, vendredi dernier, à 1,6175 D.M. contre 1,5860, au vendredi 10 janvier (+ 1,99%); à 5,4530 F.F. contre 5,3475 (+ 1,97%); à 1,4015 F.S. contre 1,3765 (+ 1,82%); à 1569,00 lires contre 1540,00 (+ 1,88%); à 117,35 yen contre 116,10 (+ 1,08%) et à 1,6675 pour un sterling contre 1,6810 (+ 0,81%).

Or: Réduction des pertes

Le marché de l’or, qui s’était fortement ressenti dès le début de la semaine dernière des nouvelles faisant état de vente d’un lot de 300 tonnes des réserves d’or de la banque des Pays-bas, a dû réduire ses pertes à la veille du week-end malgré l’envolée du dollar. Des rachats de découvert, conjugués à des achats à bon compte intervenus après que le métal fin fut tombé à ses plus bas niveaux depuis octobre 1993 à 352,00 dollars l’once, semblent expliquer ce mouvement. C’est ainsi qu’il a achevé la semaine à New York, vendredi dernier, à 355,70 dollars l’once contre 359,20 dollars au vendredi 10 janvier, réduisant ses dégâts de 2,00 à 0,97% en moyenne.
En parallèle, l’argent-métal, qui avait fléchi de concert avec l’or jusqu’à 4,62 dollars l’once, est parvenu à recouvrer tout le terrain qu’il avait perdu et à gagner quelques pouces en clôturant vendredi dernier, à New York, à 4,7430 dollars l’once contre 4,7280 dollars, au vendredi 10 janvier, en légère hausse de 0,32% en moyenne.

Elie KAHWAGI
Les considérations liées au développement de la situation politique au Liban ne devaient plus avoir, comme auparavant, d’impact sur la tendance du marché des changes. Ce sont, depuis quelque temps, les données monétaires et financières qui commencent à prendre du poids dans la détermination de l’évolution de la livre libanaise, notamment par rapport au dollar. A cet égard, les opérateurs se montrent de plus en plus sensibilisés non seulement par le différentiel des taux d’intérêt libanais et américains, qui reste toujours en faveur de la livre malgré l’abaissement de son loyer pour stimuler la croissance de l’économie et réduire le service de la dette publique, mais par d’autres éléments positifs.Au nombre de ceux-ci, on avance l’excédent de la balance libanaise des paiements qui aurait dépassé en...