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Actualités - Chronologie

Albanie : la paix sociale menacée par la faillite des grands usuriers

TIRANA, 17 Janvier (AFP). — La paix sociale s’est trouvée brusquement menacée en Albanie, en proie depuis plusieurs jours à un vaste mouvement de protestation antigouvernemental ayant pour origine la faillite de sociétés pratiquant l’usure à grande échelle.
Des dizaines de milliers d’Albanais sont descendus mercredi et jeudi dans les rues de plusieurs villes pour crier leur colère contre le gouvernement, accusé d’avoir encouragé pendant des années un système d’épargne pyramidal pratiqué par des fondations et sociétés privées qui promettaient à leurs clients entre 30% et 100% d’intérêts par mois.
Le gouvernement a réagi jeudi soir en bloquant les comptes des fondations humanitaires Xhaferri et Populli pour un montant de 255 millions de dollars et il a promis aux épargnants qu’ils seraient remboursés, a annoncé la télévision albanaise.
Il a interdit aux sociétés qui ne rémunèrent pas leurs épargnants toute transaction hypothécaire.
Une commission d’enquête a été chargée par le gouvernement de faire toute la lumière sur les activités de ces établissements qui pratiquaient l’usure.
En leur faisant miroiter des gains faciles, ces sociétés attirent de nouveaux clients dont les placements ne servent qu’à rémunérer d’anciens dépôts. Jusqu’au jour où elles s’écroulent sur des épargnants ruinés.
Mercredi, 2000 personnes avaient manifesté devant le siège de la société Soudja où la police était intervenue pour les disperser à coups de matraques, blessant plusieurs personnes, selon des sources concordantes. Vingt-neuf personnes qui avaient jeté des pierres contre la police ont été arrêtées ou interpellées.

Appel à la vigilance

Jeudi, ils étaient 5000 dans le centre de Tirana, alors que la police annonçait l’arrestation de la propriétaire de Soudja, Maksude Kademi, une Tzigane de 30 ans, et de ses 18 collaborateurs, accusés d’escroquerie et de détournement de fonds.
Le même jour, dans le port de Vlora (sud), 2000 personnes se sont rassemblées devant le siège de Gjallica, société en cessation de paiements qui pratiquait l’usure, ont rapporté des témoins. Les manifestants ont brisé des vitres de la mairie et la police a annoncé que deux de ses membres ont été légèrement blessés.
Selon la presse, pas moins de 300 millions de dollars auraient été déposés par des particuliers dans cette société qui leur avait promis un doublement de leur mise en quelques semaines.
La situation était également tendue à Shkoder (Nord-Ouest) où des centaines de personnes attendaient devant les portes fermées de deux autres sociétés financières.
Le ministre des Finances Ridvan Bode est intervenu dans l’après-midi à la télévision et a appelé la population à être vigilante et à ne plus placer des fonds dans des sociétés aux activités douteuses.
L’écroulement du système des pyramides marque la fin d’une aventure qui a poussé des dizaines de milliers de familles albanaises sur la voie de l’argent facile.

Les conditions du FMI

Selon l’économiste Shkelqim Cani, l’usure a créé dans le pays une situation d’opulence fictive. «Le tarissement de cette source risque de provoquer un chaos économique, dans un pays où les gens ont oublié que pour vivre il faut produire», dit-il.
«La débâcle de ce système va rappeler aux Albanais que leur pays a un PNB de 690 dollars par habitant», ajoute-t-il.
Le salaire moyen en Albanie est de l’ordre de 100 dollars, alors qu’il faut 450 dollars par mois pour faire vivre une famille de quatre personnes, selon les économistes.
Le Parti socialiste (opposition) a rendu l’Etat responsable du développement des pyramides financières. Les taux d’intérêt proposés par les usuriers permettaient d’occulter les problèmes sociaux et économiques, le chômage, la faible rentabilité des industries et la criminalité, selon les adversaires du président Sali Berisha.
En octobre dernier, le Fonds monétaire international (FMI) avait ordonné à l’Albanie un contrôle plus sévère sur les pyramides, mais le gouvernement de Tirana a tardé à réagir.
TIRANA, 17 Janvier (AFP). — La paix sociale s’est trouvée brusquement menacée en Albanie, en proie depuis plusieurs jours à un vaste mouvement de protestation antigouvernemental ayant pour origine la faillite de sociétés pratiquant l’usure à grande échelle.Des dizaines de milliers d’Albanais sont descendus mercredi et jeudi dans les rues de plusieurs villes pour crier leur colère contre le gouvernement, accusé d’avoir encouragé pendant des années un système d’épargne pyramidal pratiqué par des fondations et sociétés privées qui promettaient à leurs clients entre 30% et 100% d’intérêts par mois.Le gouvernement a réagi jeudi soir en bloquant les comptes des fondations humanitaires Xhaferri et Populli pour un montant de 255 millions de dollars et il a promis aux épargnants qu’ils seraient remboursés, a...