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Actualités - Chronologie

Séoul : le pouvoir durcit le ton à l'égard des grévistes (photo)

SEOUL, 15 Janvier (AFP). — Le gouvernement sud-coréen a durci mercredi son attitude contre les leaders grévistes, encouragé par le peu d’écho du mouvement de grève dans les services publics, mais son raidissement a provoqué à Séoul l’éruption des pires violences de rues depuis le début de la crise.
Une manifestation rassemblant entre 20.000 et 30.000 personnes a dégénéré au crépuscule en les pires affrontements vécus par la capitale sud-coréenne depuis le début du mouvement d’agitation sociale. Les heurts entre police et petits groupes de militants se sont étendus à tout le centre historique de la ville, soit 3 kilomètres carrés, rapidement noyé sous les gaz lacrymogènes. Des milliers de feux de journaux allumés sur les chaussées par les manifestants répandaient partout sur la ville leur fumée âcre. Du haut des immeubles de bureau, la police était bombardée de pièces d’ameublement.
Kim Byong-Soo, chef des syndicats du groupe de mécanique lourde Halla Enginering and Heavy Industries, a été interpellé à l’aube dans la ville portuaire de Mokpo (sud-ouest de la péninsule). C’est la première fois que le pouvoir arrête l’un des stratèges du mouvement de grève.
Le syndicaliste figurait sur une liste de vingt dirigeants grévistes sous le coup depuis vendredi dernier d’un mandat d’amener. «C’est un signal clair de l’imminence d’une répression gouvernementale mais nous ne reculerons pas», a affirmé un porte-parole de la Confédération coréenne des syndicats.
Illégale mais tolérée dans les faits, la Confédération est le moteur du mouvement de grèves déclenché il y a trois semaines par l’adoption d’une réforme sociale qui facilite les licenciements, introduit une plus grande flexibilité du travail et repousse le pluralisme syndical au siècle prochain.
Depuis le 26 décembre, le président de la Confédération Kwon Young-Kil et six de ses adjoints campent dans des tentes de fortune érigées près de la cathédrale de Myongdong, haut-lieu du mouvement démocratique sud-coréen.
Après plusieurs jours de tergiversations, le gouvernement a laissé entendre que l’arrestation de ces sept syndicalistes — protégés jour et nuit par une centaine de militants — ne pourrait n’être qu’une question d’heures.

Agitant des documents devant les caméras de télévision, le procureur de Séoul a affirmé détenir la preuve que certains des leaders grévistes avaient des penchants «gauchistes». En d’autres termes: d’être à la solde de Pyongyang, chose avec laquelle on ne plaisante pas à Séoul. Le procureur les a également menacés d’arrestation si la grève devait se poursuivre plus longtemps.

Le Conseil des ministres a estimé que les grèves «ne devaient pas être autorisées à continuer» et que le gouvernement «ne pouvait continuer à ne pas intervenir à l’encontre de responsables qui mènent des grèves illégales».
Le président Kim Young-Sam a de nouveau réaffirmé qu’il n’était pas question d’abroger l’impopulaire législation mais il a demandé à ses ministres de préparer des mesures destinées à en mitiger l’impact pour les salariés.
De son côté, la Confédération coréenne des syndicats a opéré un virage sur l’aile, en annonçant l’arrêt dès vendredi de ses grèves dans le secteur public, lancées quelques heures plus tôt, théoriquement pour une durée «indéterminée».
«En raison de leur impact négatif pour l’économie nationale et des désagréments causés à la vie quotidienne des gens, nous avons décidé de mettre fin aux grèves dans le secteur public», a annoncé Kwon Young-Kil.
La décision va permettre une reprise du travail dans le métro, les transports en commun, chez les employés des télécoms et chez les dockers, secteurs affectés pour la première fois mercredi par des débrayages.
L’appel au durcissement de la grève lancé par la Confédération — qui se superposait à un mot d’ordre de grève de 39 heures de la Fédération de syndicats coréens (modérée) — n’avait en fait été que peu suivi et les perturbations sont restées minimes dans les banques et les services publics.
SEOUL, 15 Janvier (AFP). — Le gouvernement sud-coréen a durci mercredi son attitude contre les leaders grévistes, encouragé par le peu d’écho du mouvement de grève dans les services publics, mais son raidissement a provoqué à Séoul l’éruption des pires violences de rues depuis le début de la crise.Une manifestation rassemblant entre 20.000 et 30.000 personnes a dégénéré au crépuscule en les pires affrontements vécus par la capitale sud-coréenne depuis le début du mouvement d’agitation sociale. Les heurts entre police et petits groupes de militants se sont étendus à tout le centre historique de la ville, soit 3 kilomètres carrés, rapidement noyé sous les gaz lacrymogènes. Des milliers de feux de journaux allumés sur les chaussées par les manifestants répandaient partout sur la ville leur fumée âcre. Du...