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Mitterrand, un an après : des roses et des polémiques (photo)

PARIS, 8 Janvier (Reuter). — Un an jour pour jour après la disparition de François Mitterrand, de nombreux Parisiens ont déposé des roses mercredi devant le dernier domicile de l’ancien chef de l’Etat, rue Frédéric Le Play à Paris.
Le président Jacques Chirac et le premier secrétaire du Parti socialiste, Lionel Jospin, ont fait déposer des gerbes sur la tombe du cimetière de Jarnac, en Charente.
Danielle Mitterrand a planté un chêne sur les hauteurs de l’ancien fief politique de son mari à Château-Chinon, dans la Nièvre.
Les proches de l’ancien chef de l’Etat, souvent séparés par les rivalités personnelles ou les désaccords de fond, se sont réunis dans l’hommage et la quête de l’apaisement.
Les deux «héritiers», Lionel Jospin et Laurent Fabius, ont été de ceux-là, même si le premier a reconnu que «le bilan» des socialistes est «contrasté» et si le second a jugé que François Mitterrand était un homme «ambivalent» et qu’il «y a eu à la fois de bonnes choses et de mauvaises choses dans son action».
Lionel Jospin, qui succéda à François Mitterrand à la tête du PS et à la candidature à l’Elysée, a exprimé «l’attachement» des socialistes «à l’homme», leur «souvenir de son action» et leur «volonté commune de lui rendre hommage en prolongeant la force socialiste et le mouvemeent des forces de progrès dont il a été une figure marquante du XXe siècle».

Colloque à l’Unesco

Roland Dumas, devenu garant de la mémoire en tant que présidant l’Institut François Mitterrand, a estimé qu’une «autre image va apparaître (...), celle de l’homme d’Etat, qui a laissé sa trace dans l’Histoire».
Pour éclairer cette «trace», l’ancien ministre des Affaires étrangères organise en association avec l’Unesco un colloque qui réunira jeudi et vendredi à Paris une trentaine de chefs d’Etat, premiers ministres ou ministres des Affaires étrangères.
Yasser Arafat et Fidel Castro, Shimon Pérès et Jacques Delors sont au nombre des personnalités qui ont accepté l’invitation. Avec eux, l’Allemand Hans-Dietrich Genscher, le Portugais Mario Soares, le Béninois Nicéphore Soglo, le Kazakh Noursoultan Nazarbaïev, s’exprimeront sur le thème «François Mitterrand — Paix et développement — Témoignages».
Côté français, Jacques Chirac et Edouard Balladur ont joué le consensus. Le premier a accepté d’assumer le «haut patronage» du colloque et le second de siéger au «comité d’honneur» avec les anciens premiers ministres socialistes Pierre Mauroy, Laurent Fabius, Michel Rocard et Edith Cresson.

Nouvelles polémiques

Le temps n’a cependant pas fait toute son œuvre d’apaisement et les hommages à l’ancien président restent brouillés par les polémiques et la chasse aux révélations, vraies ou fausses.
Un livre, «Le dernier Mitterrand», écrit par Georges-Marc Benamou auquel François Mitterrand avait confié la mission d’être le témoin des dernières années de sa vie, a remis le feu dans les colonnes des journaux.
L’ouvrage soutient notamment que l’ancien chef de l’Etat socialiste s’est découvert à l’automne 1994 un penchant pour Jacques Chirac, son rival gaulliste, et a encouragé, voire soutenu, sa candidature à l’Elysée.
Georges-Marc Benamou précise que François Miterrand aurait envoyé un émissaire à Jacques Chirac pour le conseiller sur la date et le lieu de sa déclaration de candidature.
L’Elysée a démenti. «A aucun moment, un quelconque émissaire, quel qu’il soit» n’a été envoyé par François Mitterrand à Jacques Chirac, ont fait valoir les proches de Jacques Chirac.
Dans le camp Mitterrand, Michel Charasse a écarté comme «sornettes» les révélations de Benamou, notamment sur l’épisode de «l’émissaire».
Par son terrible récit, «Le dernier Mitterrand» a également ravivé les questions sur la capacité de l’ancien chef de l’Etat à assumer ses fonctions jusqu’au bout et sur le «mensonge d’Etat» qu’aurait constitué l’existence avant l’élection de 1981 du cancer qui devait l’emporter quinze ans plus tard.
Révélé par le Dr Gubler dans son livre interdit «Le Grand Secret», la date de l’apparition de la maladie a été implicitement confirmée par l’ancien premier ministre Pierre Mauroy et par Roger Hanin, beau-frère de l’ancien chef de l’Etat, dans «Le Dernier Mitterrand».
Michel Charesse a tonné. «Croyez-vous que nous, les proches de toujours qui étions presque constamment avec lui, nous aurions pu manquer à ce que l’on doit à la France en abandonnant le pays à quelqu’un de physiquement incapable? Lui-même nous avait explicitement demandé d’intervenir. Le cas ne s’est pas présenté».
PARIS, 8 Janvier (Reuter). — Un an jour pour jour après la disparition de François Mitterrand, de nombreux Parisiens ont déposé des roses mercredi devant le dernier domicile de l’ancien chef de l’Etat, rue Frédéric Le Play à Paris.Le président Jacques Chirac et le premier secrétaire du Parti socialiste, Lionel Jospin, ont fait déposer des gerbes sur la tombe du cimetière de Jarnac, en Charente.Danielle Mitterrand a planté un chêne sur les hauteurs de l’ancien fief politique de son mari à Château-Chinon, dans la Nièvre.Les proches de l’ancien chef de l’Etat, souvent séparés par les rivalités personnelles ou les désaccords de fond, se sont réunis dans l’hommage et la quête de l’apaisement.Les deux «héritiers», Lionel Jospin et Laurent Fabius, ont été de ceux-là, même si le premier a reconnu...