Des soldats de l’armée libanaise déployés à proximité de maisons endommagées à Zaoutar el-Gharbiyé, au Liban-Sud, le 1er octobre 2026. Photo Mohamed Azakir/ Reuters

Le fossé se creuse encore entre l'État libanais et le Hezbollah, après l'incident vendredi dans le secteur de la Galerie Semaan, à la lisière de la banlieue sud de Beyrouth. Des dizaines d'éléments armés du Hezbollah avaient encerclé une patrouille de la police judiciaire qui procédait à une saisie de médicaments dans des entrepôts. Ces individus s'étaient retirés après l’arrivée de l’armée sur les lieux.
Alors que le parti chiite avait fustigé la veille une perquisition effectuée « sans respecter le mécanisme convenu entre le Hezbollah et les services de sécurité », l'armée libanaise a entamé samedi matin un déploiement « renforcé » dans la banlieue sud de Beyrouth, rapporte une source militaire à L'Orient-Le Jour. L'armée a indiqué dans un communiqué en fin d'après-midi que « des unités ont instauré des mesures de maintien de l’ordre à Beyrouth et dans sa banlieue sud, notamment en effectuant des patrouilles motorisées et à pied et en installant des barrages provisoires, afin de poursuivre les personnes recherchées et celles qui troublent l’ordre public ».
Des informations circulant en ligne ont fait état d'une demande du procureur général Hajj d'ouvrir une enquête pour identifier les individus armés qui ont participé au blocage à la Galerie Semaan, en vue d'engager des poursuites judiciaires à leur encontre. L'incident a plus largement provoqué une levée de boucliers de députés de Beyrouth hostiles à la formation pro-iranienne.
Pourquoi c'est important
Cette affaire semble confirmer l'attitude plus offensive de l'État libanais face au Hezbollah. Elle intervient une semaine après la saisie de centaines de kilos d'explosifs, dont la formation chiite a demandé la restitution. Surtout, elle a lieu à l'heure où l'État libanais est accusé par Israël et les États-Unis de ne pas mener à bien le désarmement du parti pro-iranien. Parrainées par Washington, les négociations entre le Liban et l’État hébreu sont par ailleurs au point mort depuis août.
Dans un appel téléphonique jeudi soir, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a exhorté le président libanais à « réclamer des comptes à tous ceux qui ont ordonné, financé et dirigé » la livraison au Hezbollah de la demi-tonne d'explosifs saisie la semaine dernière. Washington exige que les investigations soient conduites jusqu’au bout et ne se limitent pas à l’arrestation des deux individus surpris en train de transporter la cargaison. L’enquête doit également remonter jusqu’à leurs commanditaires et aux responsables de l’opération. Cette exigence s’inscrit dans le cadre des pressions américaines visant au démantèlement du Hezbollah ou à pousser l’État libanais à dissoudre le parti.

- Le Parlement égyptien tiendra dimanche une session plénière extraordinaire à la demande du président Abdel Fattah al-Sissi. Ce dernier souhaite obtenir l’autorisation d’intervenir pour défendre l’Arabie saoudite si Riyad en faisait la demande, rapporte samedi la chaîne al-Arabiya. Le royaume est visé depuis début octobre par des attaques quasi quotidiennes des houthis, mouvement rebelle yéménite soutenu par l’Iran qui ont fait au moins 14 morts et plus de 320 blessés. Riyad bombarde également les assaillants, sans pour autant empêcher leur progression dans le sud-ouest du Yémen.
- Le ministre libanais des Affaires étrangères Joe Raggi s'est entretenu samedi avec son homologue iranien Abbas Araghchi à Bagdad, en marge de l'Organisation de la coopération islamique (OCI). Les chefs de la diplomatie des deux pays n'ont pas encore communiqué officiellement sur cette rencontre. Depuis sa prise de fonctions, M. Raggi (proche des Forces libanaises) martèle que l'État libanais souhaite inaugurer une « nouvelle page » dans ses relations diplomatiques avec la République islamique, appelant à la fin de « l'ingérence » iranienne au Liban par l'intermédiaire du Hezbollah. Il avait refusé de se rendre à Téhéran sur invitation de son homologue, en décembre 2025.

- L'Arabie saoudite a annoncé samedi l'interception de quatre drones au-dessus de la région de Riyad et d'autres zones du royaume, sous le feu depuis début octobre d'attaques quasi-quotidiennes des houthis pro-iraniens du Yémen.
- Abbas Araghchi a déclaré samedi que son pays soutenait un « processus politique » pour régler le conflit entre Riyad et les houthis du Yémen. L'Iran a démenti vendredi toute implication dans les attaques houthies contre l'Arabie saoudite, au lendemain d'accusations de Riyad imputant à la République islamique la « responsabilité dans l'intensification des opérations militaires » des houthis.
- Trois enfants ont été tués dans des frappes saoudiennes au Yémen, a rapporté dans la nuit de vendredi à samedi l'agence de presse des houthis.
- Des colons israéliens ont attaqué samedi un convoi de diplomates européens qui effectuaient une visite en Cisjordanie occupée, rouant de coups un maire français, ont indiqué à l'AFP un témoin et des sources diplomatiques.
- Au Liban-Sud, une puissante explosion a été entendue dans l'après-midi résultant d’un dynamitage de plusieurs habitations par l’armée israélienne à Yohmor el-Chqif (Nabatiyé). Les déflagrations ont été entendues jusque dans des zones éloignées des cazas de Marjeyoun et Nabatiyé. D’autres explosions ont été perçues aux abords de Kounine, Aïnata et Beit Yahoun (Bint Jbeil).



