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Politique - guerre au liban 2026

Législatives : vers une élection partielle dans la Békaa-Ouest ?

Élie Ferzli, ancien vice-président de la Chambre, se dit candidat au scrutin visant à pourvoir le siège vacant de Ghassan Skaff.

Législatives : vers une élection partielle dans la Békaa-Ouest ?

Une électrice libanaise déposant son bulletin dans l’urne lors des législatives du 15 mai 2022. Photo d’archives Joseph Eid/AFP

Un peu moins d’un an après le décès de Ghassan Skaff (député grec-orthodoxe de la Békaa-Ouest, Rachaya), la tenue d’une élection partielle pour pourvoir à son siège est évoquée dans les milieux politiques. La démarche répond à l’obligation de pourvoir à ce siège vacant depuis décembre 2025, conformément à l’article 41 de la Constitution. D’autant plus que la législature a été prorogée jusqu’en mai 2028. Le conflit au Liban et dans la région sème toutefois le flou sur le sort du scrutin dont les protagonistes veulent mesurer le degré de « sérieux » avant de s’y lancer, à l'heure où des localités chiites de la région ne sont pas épargnées par la machine de guerre israélienne. D'autant qu'il s'agirait d’une bataille ouverte dans une circonscription où les principales communautés religieuses sont représentées.

C’est le président de la Chambre, Nabih Berry, qui a relancé le débat, en plein bras de fer autour de la modification de la loi électorale. Dans des propos récemment rapportés par des médias locaux, il s’est montré favorable à l’organisation d’un scrutin partiel. Une information confirmée à L’Orient-Le Jour par Élie Ferzli, ancien vice-président de la Chambre. « Je suis entré en contact avec M. Berry qui soutient la tenue de l’élection », dit-il.

M. Ferzli y voit une opportunité de revenir à la Chambre quatre ans après sa défaite aux législatives de 2022. « Je suis prêt à me lancer dans cette compétition une fois le collège électoral convoqué », affirme-t-il, disant avoir « toujours été présent sur le terrain aux côtés des gens ». Élie Ferzli avait été élu au siège grec-orthodoxe de la Békaa-Ouest en 1992, à l’issue d’un scrutin largement boycotté par les chrétiens. « Je peux dire que je suis naturellement candidat à ce siège au vu de mon parcours », insiste-t-il, sans donner de détails sur les contacts qu’il mène en vue du scrutin. L’ancien vice-président est réputé pour sa proximité avec le régime syrien déchu de Bachar el-Assad, ainsi qu’avec le tandem Amal-Hezbollah.

Pour autant, Élie Ferzli n’est pas sûr de revenir au Parlement. De nombreuses personnalités et figures de la région huilent leurs machines en vue du scrutin. Selon les informations de L’OLJ, l’éventualité de voir Mayssam Skaff, veuve de Ghassan Skaff, présenter sa candidature n’est pas à exclure. Car la circonscription de la Békaa II est le théâtre de la confrontation entre plusieurs formations politiques et communautés religieuses. Il y a d’un côté le tandem Amal-Hezbollah, qui avait réussi en 2022 à faire élire Kabalan Kabalan au seul siège chiite de la circonscription, ainsi que le Courant patriotique libre qui a mené Charbel Maroun (maronite) à la Chambre. En face, il y a les joumblattistes dont la région est un fief, ainsi que les FL. Un tableau sur lequel la contestation a pu se réserver une place en menant Yassine Yassine à l’un des deux sièges sunnites de la circonscription, le second étant celui de Hassan Mrad, allié de longue date du Hezbollah.

Dans une telle configuration, la victoire d’Élie Ferzli semble tributaire d’une alliance avec le duo chiite et son allié sunnite Hassan Mrad. Ces derniers pourraient d’ailleurs être rejoints par le courant aouniste, en dépit du désaccord de cette formation avec la milice chiite sur de gros dossiers, dont le monopole des armes et la guerre avec Israël. « Pendant les élections, tout le monde peut s’allier avec tout le monde », commente Sayed Younès, responsable de la machine électorale du parti de Gebran Bassil. Il indique toutefois que la formation n’a pas encore évoqué cette éventualité en attendant « de voir si c’est une option sérieuse ».

« Un lourd fardeau »

Le même attentisme se fait sentir au sein des Forces libanaises. Mais cela ne veut pas pour autant dire que le parti minimise l’importance d’une compétition électorale dans la Békaa II. « Nous pouvons mener une bataille. Mais il nous serait probablement difficile de la remporter en cas d’alliance entre le tandem et le CPL pour soutenir Élie Ferzli », reconnaît un cadre FL sous couvert d’anonymat. Sauf que le scrutin, s’il a lieu, interviendra dans un contexte marqué par le déclin du Hezbollah et de ses satellites. De quoi réduire les chances de M. Ferzli ? Oui, à en croire certains milieux hostiles à la milice chiite. « L’histoire politique de l’intéressé est désormais un lourd fardeau », commente un proche du Parti socialiste progressiste.

Selon les informations obtenues par L’OLJ, un candidat décrit comme « 14-marsiste » s’apprêterait à se lancer dans la compétition. Il pourrait bénéficier de l’appui des joumblattistes et des FL, indiquent des sources concordantes, rappelant que les regards devraient se porter sur la communauté sunnite (dotée du plus grand bloc démographique de la région) et les directions qu’elle pourrait prendre.

Un peu moins d’un an après le décès de Ghassan Skaff (député grec-orthodoxe de la Békaa-Ouest, Rachaya), la tenue d’une élection partielle pour pourvoir à son siège est évoquée dans les milieux politiques. La démarche répond à l’obligation de pourvoir à ce siège vacant depuis décembre 2025, conformément à l’article 41 de la Constitution. D’autant plus que la législature a été prorogée jusqu’en mai 2028. Le conflit au Liban et dans la région sème toutefois le flou sur le sort du scrutin dont les protagonistes veulent mesurer le degré de « sérieux » avant de s’y lancer, à l'heure où des localités chiites de la région ne sont pas épargnées par la machine de guerre israélienne. D'autant qu'il s'agirait d’une bataille ouverte dans une circonscription où les principales...
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