La vice-présidente de la Commission européenne, Kaja Kallas, lors d'une conférence de presse à Beyrouth, le 8 octobre 2026. Photo REUTERS/Mohamed Azakir
Pour concrétiser son engagement dans « l'avenir du Liban », le Conseil de l'Union européenne a approuvé lundi l'établissement d'une « mission de soutien » dans le pays, où les autorités et la communauté internationale craignent un « vide sécuritaire » après la fin du mandat de la Force intérimaire de l'ONU, fin décembre. Cette mission comprendra deux volets, militaire et civil, et son lancement fera l'objet d'une décision distincte et ultérieure.
Cette mission, qui aura un mandat initial de trois ans, sera chargée de « conseiller et soutenir l'armée libanaise et les Forces de sécurité intérieure, afin de renforcer le contrôle sur le territoire, la sécurité à la frontière et la sécurité interne », a déclaré la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, dans un communiqué, venue en visite officielle à Beyrouth la semaine dernière. « L’Europe investit dans l’avenir du Liban », a ajouté Mme Kallas lundi, évoquant une « évolution majeure » des relations entre Beyrouth et Bruxelles en matière de sécurité.
Cette mission, qui vise un effectif d'environ 150 personnes, aura pour rôle d'aider l'armée et les forces de sécurité libanaises à « renforcer le contrôle territorial, la sécurité des frontières et la sécurité intérieure », a assuré la cheffe de la diplomatie européenne citée dans ce communiqué. « Je me réjouis que nous ayons pu adopter le principe d'une mission d'appui aux forces de sécurité intérieures, aux forces armées libanaises », s'est félicité lundi à Luxembourg le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.
Cette mission n'a pas pour but de remplacer la Finul, dont l'UE soutient la prorogation du mandat, qui vient à expiration le 31 décembre 2026.
Selon le communiqué publié sur le site du Conseil, la mission comprendra un volet militaire et un civil. Le premier fournira « conseils et formations » à l'armée, notamment dans les domaines de la surveillance et du contrôle des frontières terrestres, du renseignement, de la surveillance et de la reconnaissance, de la lutte contre la contrebande et de la coordination opérationnelle. Le second donnera des formations aux FSI, notamment dans les domaines de la cybercriminalité, de la lutte contre la contrebande et de la sécurité portuaire. Ces deux différents aspects seront chapeautés sous un « mandat politique unifié ». La mission « coordonnera ses activités avec les institutions de l'UE, les Etats-Membres et les Nations unies ».
La planification des opérations doit encore se poursuivre sur ces différents aspects, et fera l'objet d'une décision distincte, qui précédera son lancement sur le terrain. Dans une allocution à la presse à son arrivée à la réunion du Conseil, réuni au Luxembourg, la haute diplomate européenne avait espéré que la mission « sera prête à travailler sur le terrain d'ici deux mois ».
Jeudi, Kaja Kallas avait plaidé depuis Beyrouth pour une prorogation du mandat de la Finul, disant craindre un « vide sécuritaire » dans le Sud, dont plus de 600 km2 sont occupés par Israël, qui rase systématiquement des dizaines de villages pour créer une « zone tampon ». Sous la pression des États-Unis, le Conseil de sécurité avait décidé en août 2025 de mettre fin au mandat des Casques bleus le 31 décembre 2026. La responsable européenne avait déjà précisé que la mission européenne ne remplacerait pas la force onusienne, et ne serait pas « limitée au Sud ».

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