Des passagers à destination de l’Arabie saoudite restent bloqués à l’aéroport international Hazrat Shahjalal de Dacca, au Bangladesh, le 12 octobre 2026, après l’annulation de leurs vols au lendemain d’une frappe des houthis contre l’aéroport international de Riyad. Photo Piyas Biswas / AFP

La journée de mardi a été marquée par une nette escalade entre les houthis et l’Arabie saoudite, les deux camps lançant notamment des appels à évacuer certaines zones du territoire adverse. En fin de journée, le Conseil des ministres saoudien, réuni à Riyad sous la présidence du prince héritier Mohammed ben Salmane, a affirmé que les houthis du Yémen devraient « faire face aux conséquences » de leurs attaques répétées contre le royaume, ont rapporté les médias d’État saoudiens cités par l'agence Reuters.
L'Arabie saoudite avait bombardé auparavant un site de la Compagnie pétrolière du Yémen près de Sanaa, a annoncé la chaîne des combattants pro-iraniens houthis, selon l'AFP. La coalition militaire menée par le royaume wahhabite, qui soutient le gouvernement yéménite internationalement reconnu, avait appelé plus tôt à évacuer ce site de stockage de carburant, poussant de nombreux Yéménites à se ruer vers les stations d'essence. Les houthis avaient alors affirmé dans la foulée qu'ils viseraient l'aéroport de Riyad ainsi qu'une raffinerie dans la capitale et le siège de la compagnie pétrolière Aramco à Dammam si l'Arabie saoudite frappait Sanaa. Ces menaces n'avaient pas encore été mises à exécution en début de soirée.
Pourquoi c'est important
Depuis plusieurs jours, les attaques entre l’Arabie saoudite et les houthis pro-iraniens font craindre une escalade régionale. Des discussions sérieuses se tiennent entre la monarchie du Golfe et les États-Unis pour que ces derniers entrent en guerre au Yémen, tandis que l’on s’emploie à activer le pacte défensif de La Mecque entre Riyad, Ankara et Islamabad. Si la guerre au Yémen pourrait donc être le prélude à une frappe contre l’Iran, ce dernier se prépare à tous les scénarios et s’apprête à riposter fortement. Selon nos informations de sources diplomatiques publiées lundi, les Iraniens auraient prévenu leurs voisins du Golfe qu’ils frapperaient des installations vitales chez eux si la République islamique était la cible de frappes américaines. Un contexte enflammé dont le Liban aura du mal à se protéger.
Dans ce contexte, l'ambassade de France en Arabie saoudite a déconseillé mardi à ses ressortissants dans un post publié sur Instagram, « sauf raison impérative », de se rendre à Djeddah et Dammam.

L'armée israélienne a effectué mardi quatre frappes au Liban-Sud dans la vaste zone qu'elle occupe, tout en prévenant parallèlement les habitants du nord d'Israël qu'une « série d'attaques » aurait lieu dans cette même région. Celle-ci ne s'était cependant toujours pas produite en fin d'après-midi. L’aviation israélienne a bombardé la vallée de Houjeir dans le caza de Marjeyoun, Kfar Tebnit, en contrebas de la colline de Ali Taher dans le caza de Nabatiyé, ainsi que deux maisons dans les environs de la vallée de Wadi Slouki, et une autre près du château de Doubiyé, des secteurs situés aussi dans le caza de Marjeyoun.
Face à la situation dramatique au Liban-Sud, le président Joseph Aoun a réaffirmé mardi que l'accord-cadre signé fin juin entre le Liban et Israël a « limité l’extension des attaques israéliennes », tout en admettant qu'il n'était pas « idéal ». De son côté, pour la deuxième journée de sa visite officielle à Moscou, le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi (Forces libanaises), a affirmé devant un groupe d'ambassadeurs arabes que « l’État libanais est souverain » et que « personne ne négocie en son nom ».

- Nawaf Salam discute avec Amal et le Hezbollah de la reconstruction au Liban-Sud. Le Premier ministre a reçu une délégation de députés du tandem chiite au Grand Sérail et examiné avec eux le « processus de retour des déplacés » et la « reconstruction dans les régions touchées par les attaques israéliennes, notamment les plans mis en œuvre par le Conseil du développement et de la reconstruction dans le cadre du Projet d’aide d’urgence au Liban (LEAP) ». M. Salam a précisé que les appels d’offres entraient dans leur « phase d’attribution » dans les cazas du Liban-Sud, pour des projets dont le montant devrait atteindre « environ 70 millions de dollars » avant la fin de l’année, et dont les habitants devraient « constater les résultats sur le terrain au cours des prochains mois ».
- L’Iran se prépare à une reprise des frappes américaines, rapporte le Wall Street Journal (WSJ). Téhéran renforce ses sites nucléaires et militaires sensibles ainsi que les zones frontalières, reconstitue ses capacités en missiles et drones et menace de frapper plus durement les intérêts américains et ceux de leurs alliés du Golfe, convaincu que Washington pourrait mener de nouvelles attaques après les élections américaines de mi-mandat du 3 novembre.
- L'Arabie saoudite a opposé une fin de non-recevoir à une proposition de médiation iranienne dans le dossier yéménite, selon nos informations. Le message adressé à Téhéran serait donc double : le royaume wahhabite refuse d’être placé sur le même plan que les houthis et n’entend pas reconnaître à l’Iran un rôle de supervision de la sécurité dans le Golfe.
- Les attentats dans la banlieue sud de Beyrouth en 2013 et 2014 : la Cour de justice a tenu une première audience vendredi dans les affaires de l'attentat contre l’ambassade d’Iran à Jnah (19 novembre 2013), et celui contre le centre culturel iranien à Bir Hassan (19 février 2014).
- Explosifs du Hezbollah : le Premier ministre Nawaf Salam a salué les « les efforts des forces armées libanaises » au cours d'une rencontre avec le commandant en chef de l'armée libanaise, le général Rodolphe Haykal. Il a souligné « la nécessité de poursuivre les enquêtes afin d’identifier toutes les personnes impliquées ainsi que les parties qui se trouvent derrière les opérations de contrebande, et de les déférer devant la justice compétente », selon un communiqué du Grand Sérail.



