Des experts légistes sur les lieux de l'attentat devant l'ambassade iranienne, à Jnah, dans le sud de Beyrouth, le 19 novembre 2013. Photo d'archives AFP
Plus de douze ans après les faits, la Cour de justice dirigée par le premier président de la Cour de cassation et président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), Souheil Abboud, a tenu, vendredi, une première audience dans les deux dossiers des attentats perpétrés à Beyrouth contre l’ambassade d’Iran située à Jnah (19 novembre 2013), et le centre culturel iranien à Bir Hassan (19 février 2014). Interrogée sur ce retard, une source judiciaire rappelle que les membres de la Cour de justice n’ont été nommés qu’en septembre 2025, au terme d’une longue période de vacance due à un blocage des nominations judiciaires. Celui-ci s’inscrivait dans un contexte de crise institutionnelle et de tensions politiques, qui n’a commencé à se dénouer qu’avec l’élection de Joseph Aoun à la présidence de la République, en janvier 2025.
Entre-temps, les deux dossiers avaient suivi leur cours judiciaire. Le juge d’instruction en charge de ces affaires avait clôturé ses investigations, puis rendu ses actes d’accusation, après avoir recueilli l’avis du parquet général près la Cour de cassation.
Perpétrés au moyen d’opérations-suicide, les deux attentats avaient respectivement fait 24 morts et 150 blessés, et six morts et 120 blessés. Ils s’inscrivaient dans le contexte de la guerre en Syrie, qui opposait le régime du président déchu Bachar al-Assad aux groupes rebelles, sur fond de soutien de Téhéran et du Hezbollah à Damas. Un groupe islamiste sunnite lié à el-Qaëda, les Brigades Abdallah Azzam, avait revendiqué les deux attaques, les présentant comme une riposte au soutien iranien à Damas et exigeant le retrait des combattants du Hezbollah de Syrie.
Prochaine audience le 27 novembre
Au début de l’audience de vendredi, la Cour de justice a décidé de joindre les deux dossiers en raison de leur lien étroit, compte tenu de l’implication d’accusés communs et de la similitude du mode opératoire des attaques.
Vingt-cinq accusés sont poursuivis dans ce cadre, dont neuf sont en détention. Selon la source judiciaire précitée, ils sont de nationalité libanaise, palestinienne et syrienne. Ils auraient joué des rôles différents dans la préparation et l’exécution des attentats : certains auraient acheminé les voitures piégées, d’autres transporté les kamikazes, tandis que d’autres encore auraient fourni les explosifs ou les auraient placés dans les véhicules.

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