Le président du Parlement libyen, Aguila Saleh. Photo AFP
Le président du Parlement libyen, Aguila Saleh, en poste depuis 12 ans, soutien du maréchal Haftar et longtemps personnalité incontournable de l'Est, a été évincé mardi, possible signe d'une recomposition des équilibres politiques selon des experts. Les membres du Parlement ont élu pour le remplacer Al-Salhin Abdelnabi al-Obeidi, député de Tobrouk (nord-est), a annoncé sur X le porte-parole de l'institution. La Libye, qui a plongé dans l'instabilité après la chute puis la mort de Mouammar Kadhafi en 2011, reste divisée entre le gouvernement reconnu par l'ONU, basé à Tripoli et dirigé par Abdelhamid Dbeibah, et l'administration rivale de l'est, soutenue par le clan Haftar. Ce camp s'appuie notamment sur la Chambre des représentants, le Parlement siégeant à Benghazi, dont Aguila Saleh assurait la présidence depuis 2014.
M. Saleh, 82 ans, a longtemps été vu comme un allié indéfectible du clan du maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle l'est et une grande partie du sud de la Libye. Toutefois, ces derniers mois, à mesure que les fils du maréchal consolidaient leur position dans l'Est, notamment Saddam Haftar, héritier désigné, Aguila Saleh paraissait affaibli. « Aguila Saleh semble être la dernière victime en date de la volonté de Saddam Haftar de concentrer le pouvoir de décision dans l'est de la Libye et de s'imposer à marche forcée comme acteur politique », estimait dès lundi sur X Emad Badi, chercheur associé à Chatham House.
Cela fait des mois que des députés reprochaient à M. Saleh d'abuser de sa fonction et appelaient à son départ. Son éviction intervient alors qu'une initiative américaine visant à relancer le processus politique et à « unifier » les institutions libyennes fait l'objet de discussions. Alors que Saddam Haftar s'est montré ouvert à cette initiative qui pourrait renforcer son pouvoir, selon plusieurs médias, Aguila Saleh a adopté une approche plus prudente.