Des combattants affiliés au gouvernement yéménite, soutenu par l'Arabie saoudite, affrontant les houthis dans la province d'al-Jawf le 15 septembre 2026. Photo AFP
Des responsables américains ont secrètement rencontré le week-end dernier à Oman des représentants houthis, selon cinq sources proches du dossier, quelques jours après la vaste offensive menée par les rebelles pro-iraniens sur la côte yéménite de la mer Rouge contre la coalition gouvernementale, soutenue par l'Arabie saoudite.
La réunion, qui n’a pas été rendue publique, s’est tenue à l’ambassade des États-Unis à Mascate. Oman, médiateur de longue date dans la région, aurait contribué à son organisation. Lors de cette rencontre, qui aurait eu lieu dimanche, les houthis ont assuré ne pas avoir l’intention d’attaquer les navires américains et rester attachés au cessez-le-feu conclu avec Washington en 2025. Ils auraient également affirmé qu’ils n’attaqueraient ni les navires israéliens ni les bâtiments commerciaux, à l’exception de ceux appartenant à l’Arabie saoudite.
La partie américaine était représentée par du personnel de l’ambassade. La délégation houthie comprenait notamment Mohammad Abdulsalam, haut responsable basé à Mascate et visé par des sanctions américaines, ainsi qu’Abdelmalik al-Ajiri.
Le président américain Donald Trump a affirmé samedi que les houthis avaient contacté son administration pour demander aux États-Unis de rester à l’écart de la guerre au Yémen. Le vice-président JD Vance a confirmé lundi que Washington était en contact direct avec le groupe. Interrogé par Reuters sur cette rencontre, le département d’État ne l’a pas confirmée, mais a rappelé que la liberté de navigation en mer Rouge et la lutte contre le terrorisme figuraient parmi les intérêts fondamentaux des États-Unis.
Les rebelles houthis ont pris la semaine dernière le contrôle de l’ensemble du littoral yéménite de la mer Rouge, notamment du port de Mocha et de l’île de Perim, dans le détroit de Bab el-Mandeb.
Le mouvement, qui contrôle Sanaa depuis 2014, combat depuis plus de dix ans une coalition dirigée par l’Arabie saoudite. Les affrontements ont repris en juillet, après l’annonce par les houthis d’un blocus visant les navires saoudiens en mer Rouge.
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a récemment sollicité un soutien militaire américain face à cette avancée, mais Washington a indiqué à Riyad qu’il n’interviendrait pas directement, selon Reuters.
Cet article est une traduction d'une dépêche initialement publiée en anglais par l'agence Reuters.