Un casque, des trousses de secours et un gilet de presse. Photo d'illustration Matthieu Karam / L'Orient-Le Jour
Le député Ibrahim Mneimné (contestation) a déclaré lundi avoir présenté, avec plusieurs de ses confrères, « une proposition de loi pour amender certains des articles de la loi numéro 69 sur l’information, adoptée le 27 août dernier, en collaboration avec l’Union des journalistes au Liban ».
« Notre objectif est de compléter le processus de réforme qui a commencé avec cette loi, et de modifier tout ce qui, dans le texte, est contraire à son esprit et aux objectifs qu’il sert », a-t-il poursuivi.
Les autres députés, issus des blocs de la contestation ou indépendants, sont Halimé Kaakour, Firas Hamdane, Bilal Abdallah, Oussama Saad, Michel Doueihy, Marc Daou, Najat Saliba, Melhem Khalaf et Yassine Yassine.
Le vote de cette loi longtemps attendue, en août 2026, avait été acclamé de toutes parts, mais quelques articles restaient toutefois problématiques, notamment l’article 104, qui maintient les peines de prison dans certains cas précis. Les syndicats et des organisations comme Amnesty International ont considéré ce point comme une menace directe à l’égard des journalistes et de la liberté d’expression. Quelques autres points avaient fait l’objet de débats.
Tout en reconnaissant les progrès considérables réalisés grâce à cette loi, M. Mneimné a estimé que « la proposition d'amendement repose sur un principe clair, à savoir qu'il n'est pas possible d'inscrire dans la loi une orientation visant à mettre fin à la criminalisation de l'expression d’une opinion, tout en conservant parallèlement des dispositions vagues ou des voies juridiques permettant de rétablir cette criminalisation par d'autres moyens ».
Plus spécifiquement, la proposition d’amendement porte sur trois points, selon lui : l’article 104 « qui criminalise la publication délibérée de ce qui a été appelé fausses informations ou calomnie », l’article 105 en vue « d’énoncer clairement toutes les peines qui ne s’appliquent plus aux journalistes dans le cadre de leur travail », et l’article 114, « en vue de renforcer les garanties en cas d’interrogation des journalistes, qui doit être limitée à des juges spécialisés ».
Pour le député, de tels amendements permettront de consacrer le progrès apporté par cette loi en matière de liberté d’expression, tout en encadrant les enquêtes en cas de véritable intention d’incitation à la haine, à la discrimination ou à la violence.
