Écrivaine libanaise, lauréate du prix Said Akl (2004), May Rihani a été vice-présidente principale de trois grandes organisations américaines œuvrant dans le domaine du développement international. De 2008 à 2010, elle a été coprésidente de l’Initiative des Nations unies pour l’éducation des filles (UNGEI).
Les trois livres qu’elle a publiés en arabe sont principalement des recueils de poésie consacrés à l’amour, au Liban et à ce qui unit les hommes à travers le monde. Il s’agit de : Ismi Siwaya (Mon nom est l’Autre), Hafron ‘ala al-Ayyam (Gravure sur le temps) et Yalouffou Khasr al-Ard (Ceinturant la taille de la Terre) qui vient d’être réédité par les éditions Saër el-Machreq et dont le poème suivant est tiré :
Le palmier
Crois-tu que le palmier rêve ? Qu’est-ce qui habite sa douleur ?
Crois-tu que le palmier du Texas se languit du palmier de Bagdad ?
Qui est parti ? Qui a émigré ?
Ou sont-ils deux jumeaux portant un grand miroir
qui reflète les traits de l’Occident et le visage de l’Orient ?
Ou sont-ils l’axe d’un globe qui tourne et tourne
en quête d’un fil magique reliant ses extrémités ?
Crois-tu que le palmier répète, dans un silence solennel,
des mots inspirés d’un visage semblable aux traits inversés dans le miroir ?
Crois-tu qu’il chuchote au globe, dans un silence solennel, de ne jamais perdre espoir ?
Peut-être est-ce cela qui a fait du globe
un grain dans le chapelet d’un derviche soufi qui tourne sans fin,
tissant des fils invisibles qui relient les caravanes des hommes.
Traduit de l’arabe par Alexandre Najjar