Poème d’ici

Poème d’ici de Hicham Chidiac

Poème d’ici de Hicham Chidiac

Né le 27 juillet 1974 à Mayassa (caza du Metn), Hicham Chidiac est diplômé en droit de l’Université libanaise et avocat au Barreau de Beyrouth.

Titulaire d’un master en sciences politiques de l’AUB, il est également poète. Il a déjà publié douze recueils de poésie : cinq en langue arabe (dont Les Saisons du Néant et La Moisson des Ombres) et sept en langue libanaise (dont Akher Hada, Baad Aktar, Mich Hon et Khalf el-Bel).

1

Ô poème, avant que les jours

Ne t’arrachent à moi, tais-toi

Et toi, terre, va dormir

J’égorgerai le nuage pour la pluie

2

À celui qui a perdu ses chemins dans l’histoire

Indique nos lignes

Et à celui qui attend l’arrivée de la pluie, dis :

Il n’y a plus de pluie qui vienne

Nous avons pleuré toute la pluie

3

Dans le vers les lettres veillent

Sur la neige, sur l’errance de l’horizon, sur le vent.

Dans le froid, elles sont devenues boutons fanés

Ferme bien les portes du poème

J’ai peur qu’elles ne s’en aillent vers une autre douleur

4

Tu ne me reconnaîtras pas

Car dans la nudité tu ne vois que l’absence de vêtements

Tu ne comprends pas que la nudité du corps

Est celle de l’âme dépouillée de la terre

Tu ignores encore que le repentir est en soi une transgression

5

Je suis le prophète revenu

Des lignes lointaines

J’annonce une bonne nouvelle :

Dieu a déserté les temples

Pour habiter le poème

6

Deux ? Qui peut dire que nous sommes deux ?

Une poignée de terre s’en va, une autre revient

Nous sommes deux corps, mais non deux âmes

Une seule âme perdue dans deux corps

Et chaque corps avance sous un nom différent

7

Je t’ai enlacée… nous n’en finissons plus… nous sommes fatigués

Et le feu a bu tout ce que nous avons écrit

Je t’ai invitée à boire notre visage dans l’eau

Tu es venue avec moi… nous avons bu

J’ai fini de boire le tien…

Reste le mien… Bois-moi un peu

Traduit de l’arabe par Alexandre Najjar

Né le 27 juillet 1974 à Mayassa (caza du Metn), Hicham Chidiac est diplômé en droit de l’Université libanaise et avocat au Barreau de Beyrouth.Titulaire d’un master en sciences politiques de l’AUB, il est également poète. Il a déjà publié douze recueils de poésie : cinq en langue arabe (dont Les Saisons du Néant et La Moisson des Ombres) et sept en langue libanaise (dont Akher Hada, Baad Aktar, Mich Hon et Khalf el-Bel).1Ô poème, avant que les joursNe t’arrachent à moi, tais-toiEt toi, terre, va dormirJ’égorgerai le nuage pour la pluie2À celui qui a perdu ses chemins dans l’histoireIndique nos lignesEt à celui qui attend l’arrivée de la pluie, dis :Il n’y a plus de pluie qui vienneNous avons pleuré toute la pluie3Dans le vers les lettres veillentSur la neige, sur l’errance de l’horizon, sur le...
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