La poétesse libanaise Khatoun Salma a été tuée avec son mari, le 8 avril 2026, dans une frappe israélienne qui a détruit l’immeuble où ils vivaient à Beyrouth.
Elle a publié chez Dar al-Jadid deux recueils de poèmes en arabe : Les Derniers Pensionnaires de la lune (2012) et J’ai enlacé une femme qui attend (2009) dont est tiré le poème suivant.
Tout ce vide
Quand le jour m’extirpe
Et que la nuit me reprend comme un soupir
Que reste-t-il
sinon des virgules
et un point ?!
Quand tu t’éveilles à nu
tu arraches le cœur
tu rythmes le pouls
tu scintilles
tu t’embrases
tu demeures toi
et l’autre – tout ce vide
Quand la veille s’épuise
apparaît un être étrange
semblable à l’eau
semblable au feu
Je ferme la porte de la nuit
Je me défais du tissu des pleurs
Larme après larme
J’avance en toi
Et n’y arrive pas
Quand vient le lendemain
des choses en moi se referment
comme des blessures qui cicatrisent
Je comprends
que j’ai été un jour
Traduit de l’arabe par Alexandre Najjar