Des manifestants brandissant des pancartes contre la peine de mort en Iran, lors d'un sit-in à Washington, le 16 mai 2026. Photo Amid FARAHI/AFP
Deux hommes ont été exécutés mercredi en Iran en lien avec les manifestations antigouvernementales de janvier, a annoncé l'agence Mizan, organe du pouvoir judiciaire.
Ali Hemmati et Majid Nik-Andish ont été reconnus coupables d'avoir « participé aux émeutes de janvier qui ont entraîné le martyre de quatre membres des forces de sécurité iraniennes », dans la ville de Machhad (nord-est), a précisé Mizan. Les deux hommes ont aussi « causé de lourds dégâts à des biens publics, en incendiant des magasins, des banques, des bus, etc., et en mettant même le feu à des arbres », est-il aussi précisé. Ils ont été « pendus tôt dans la journée de mercredi, après la confirmation de leur peine par la Cour suprême », selon Mizan.
Fin décembre, un mouvement de contestation initialement lancé contre la vie chère s'était rapidement mué en vastes manifestations antigouvernementales, qui avaient culminé les 8 et 9 janvier. Le pouvoir a reconnu plus de 3.000 morts, imputant les violences à des « actes terroristes » orchestrés par les Etats-Unis et Israël. Des ONG basées à l'étranger ont parlé elles d'une répression ayant fait des milliers de morts. Le président américain Donald Trump avait alors menacé d'intervenir militairement en Iran, avant de lancer le 28 février, avec Israël, une attaque conjointe contre le pays, déclenchant la guerre au Moyen-Orient. Depuis, arrestations et exécutions se multiplient dans le pays, en lien avec le conflit mais aussi les manifestations du début d'année.
Selon des ONG, dont Amnesty International, l'Iran est le pays qui recourt le plus à la peine capitale après la Chine. En 2025, les autorités ont exécuté au moins 1.639 personnes, un record depuis 1989, selon les ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, et Ensemble contre la peine de mort (ECPM), dont le siège est à Paris.