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Dernières Infos - Colonisation Illégale

Washington avait prévu de condamner les sanctions britanniques contre Israël, mais n'est pas passé à l'acte


Des membres d'une famille palestinienne sont assis au milieu des décombres de leur maison et de leur enclos à bétail, après que ceux-ci, ainsi que plus de vingt autres structures, ont été démolis par les autorités israéliennes qui affirment qu'ils avaient été construits sans permis, dans le village palestinien de Jinba, au sud de Yatta, en Cisjordanie occupée par Israël, le 23 septembre 2026. Photo HAZEM BADER / AFP

Début septembre, des responsables américains à Jérusalem et à Washington ont préparé un projet de déclaration, attribué au secrétaire d'État Marco Rubio, condamnant les projets du Royaume-Uni, de la France et du Canada visant à bloquer les importations en provenance des colonies israéliennes dans la Cisjordanie occupée.

Le document daté du 8 septembre, jusqu'ici inédit et qui, selon deux sources, a été impulsé par David Milstein, un collaborateur influent de l'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, prévoyait que Rubio qualifie les mesures prises par ces pays de série d'actes hostiles envers Israël qui favorisent l'antisémitisme. « Ces tactiques s'inspirent de manière inacceptable du manuel de la campagne antisémite de boycottage, désinvestissement et sanctions », indique le projet de déclaration consulté par Reuters.

La déclaration n'a jamais été publiée. Selon trois personnes au fait du dossier, le texte n'a pas été soutenu par la Maison Blanche ni par la haute direction du département d'État. Les personnes se sont exprimées sous couvert d'anonymat.

À la place, s'adressant à des journalistes le 8 septembre en Floride avant un déplacement en Amérique latine, Rubio s'est abstenu de critiquer ouvertement la décision ou un pays en particulier. « Évidemment, nous n'allons pas faire ce que le Royaume-Uni a fait. Nous avons vu leur annonce aujourd'hui, mais je n'ai aucun commentaire à ce sujet pour le moment », a déclaré Rubio.

Cet épisode illustre le fossé grandissant entre la Maison Blanche et les principaux diplomates de Trump en Israël sur la meilleure manière de réagir à l'expansion des colonies israéliennes sous le gouvernement de droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Il met également en lumière une division idéologique croissante au sein de la droite américaine quant au soutien à Israël, les sondages montrant que les jeunes républicains portent un regard de plus en plus défavorable sur l'allié le plus proche de Washington au Moyen-Orient.

Plus tôt cette année, le président Donald Trump a exprimé son opposition à l'expansion des colonies, source croissante de tensions avec les voisins arabes d'Israël, mais son administration a exercé peu de pression sur Israël pour modifier sa politique. Cela l'a parfois mis en désaccord avec Huckabee, pasteur baptiste et fervent partisan des colonies, qui désigne la Cisjordanie par son nom biblique, Judée et Samarie, un terme employé par le gouvernement israélien mais non adopté officiellement par les États-Unis.

L'an dernier, l'assistant de Huckabee, Milstein, a plaidé pour que les États-Unis imposent des sanctions à l'ensemble de la Cour pénale internationale afin de la convaincre d'abandonner les poursuites pour crimes de guerre visant des dirigeants israéliens à propos de la guerre à Gaza — une mesure que l'administration Trump n'a pas encore prise. Interrogé par Reuters, un haut responsable américain a indiqué que le projet de déclaration n’a pas été préparé en consultation avec le département d'État ou la Maison Blanche.

L'ambassade américaine a renvoyé les questions, y compris les demandes de commentaires pour Huckabee et Milstein, vers le département d'État. La Maison Blanche n'a pas répondu à une demande de commentaire.

Le soutien du public américain à Israël remis en question

Le soutien du public américain à Israël a diminué depuis le début de la guerre à Gaza en 2023, notamment chez les démocrates. Un sondage de l'université Quinnipiac de juin a révélé que 48 % des électeurs et 66 % des démocrates estiment que les États-Unis soutiennent trop Israël, contre 16 % et 20 % respectivement lorsque la question avait été posée pour la première fois en 2017.

Si de larges majorités de républicains de 50 ans et plus ont une opinion positive d’Israël, les jeunes conservateurs américains se montrent plus critiques, selon un sondage du Pew Research Center de fin mars. Environ 57 % des républicains âgés de 18 à 49 ans ont une opinion défavorable d’Israël, contre 50 % un an auparavant.

En décembre dernier, Trump a déclaré qu’il n’était pas totalement d’accord avec Netanyahu, dont le gouvernement a supervisé une expansion rapide des colonies, au sujet de la Cisjordanie après une rencontre avec le dirigeant israélien. En septembre dernier, Trump avait dit qu’il n’autoriserait pas Israël à annexer le territoire.

Israël occupe la Cisjordanie depuis la guerre israélo-arabe de 1967. L’ONU et la majorité des pays considèrent les colonies comme illégales selon le droit international régissant l’occupation militaire. Israël rejette cette vision, estimant que le territoire est contesté et non occupé.

Les violences commises par des colons juifs contre des Palestiniens sur ce territoire ont fortement augmenté cette année, certains d’entre eux se sentant enhardis par le soutien du gouvernement de droite de Netanyahu, qui comprend des ministres eux-mêmes colons.

Huckabee a publiquement condamné ces violences et demandé la poursuite des auteurs. Il a également affirmé que les colons violents étaient une minorité et ne représentaient pas l’ensemble de la communauté des colons. Environ 500 000 colons israéliens et 3 millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, un territoire que les Palestiniens réclament depuis longtemps pour leur futur État, avec Gaza et Jérusalem-Est.

Cet article est la traduction d'une dépêche en anglais par Reuters

Début septembre, des responsables américains à Jérusalem et à Washington ont préparé un projet de déclaration, attribué au secrétaire d'État Marco Rubio, condamnant les projets du Royaume-Uni, de la France et du Canada visant à bloquer les importations en provenance des colonies israéliennes dans la Cisjordanie occupée.Le document daté du 8 septembre, jusqu'ici inédit et qui, selon deux sources, a été impulsé par David Milstein, un collaborateur influent de l'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, prévoyait que Rubio qualifie les mesures prises par ces pays de série d'actes hostiles envers Israël qui favorisent l'antisémitisme. « Ces tactiques s'inspirent de manière inacceptable du manuel de la campagne antisémite de boycottage, désinvestissement et sanctions », indique le...