Un carton avec l'inscription : « Sixième jour de grève à Roumieh. Aux prêcheurs du vendredi, souvenez-vous de nous aujourd'hui dans vos sermons. » Photo fournie par le Comité des familles de prisonniers au Liban à L’Orient-Le Jour
Le Comité des familles de prisonniers au Liban a annoncé vendredi qu'un détenu de Roumié qui participe à la grève de la faim annoncée lundi pour réclamer l'application de la loi d'amnistie, a dû être hospitalisé.
Les détenus du bâtiment B de Roumié, une aile de la plus grande prison centrale du Liban qui accueille principalement des prisonniers islamistes, jihadistes et salafistes, ont entamé une grève ouverte de la faim pour protester contre la suspension de la loi d’amnistie générale au Liban, à la suite d’un recours déposé par le groupe parlementaire du Courant patriotique libre (CPL, aouniste) devant le Conseil constitutionnel la semaine dernière. Le Parlement a adopté la loi le 12 août, et le président Joseph Aoun l’a promulguée le 4 septembre. Le Conseil constitutionnel a suspendu la législation le 10 septembre en attendant une décision sur le recours.
Au sixième jour de cette grève, une vidéo transmise à L’Orient-Le Jour par le Comité des familles montre plusieurs prisonniers portant le détenu J.S., qui participe à la grève de la faim, vers la porte de la prison. Il a ensuite été conduit à l’hôpital. Dans le texte, le comité appelle à une manifestation sur la place al-Nour de Tripoli au Liban-Nord, dimanche après la prière musulmane de l’après-midi, en soutien aux détenus en grève.
Le communiqué fustige en outre le Courant patriotique libre pour son recours, estimant que le parti aouniste, qu'il ne mentionne pas nommément, « porte la responsabilité directe du retard dans la libération de nos fils, qui affrontent la mort dans des conditions de détention tragiques et inhumaines, dépourvues du minimum vital ». La grève de la faim à Roumié avait été annoncée alors qu'au moins six détenus sont morts dans les prisons libanaises depuis la mi-août, selon le texte.
Les détenus pâtissent des mauvaises conditions carcérales libanaises, alors que les prisons sont en surpopulation et que la crise financière que traverse l'État libanais depuis 2019 a compliqué l'accès aux besoins fondamentaux pour les prisonniers. La lenteur du système judiciaire, en raison de grèves et des guerres qui se sont enchaînées depuis 2023, fait que nombre des prisonniers n'ont pas encore été jugés mais restent incarcérés en attente de leur procès.
Des mois de discussions ont été nécessaires pour parvenir à une version de la loi d’amnistie générale qui fasse consensus sur la scène politique.